sábado, 30 de noviembre de 2013

Día internacional en contra de la violencia hacia las Mujeres

Un 25 de noviembre en Oaxaca

por autor EmiSaria

Familiares de victimas y Asociaciones civiles llamaron a una Marcha por la Justicia y una vida libre de Violencia hacia las Mujeres el día 25 de noviembre en la ciudad de Oaxaca, día internacional en contra de las violencias hacia las Mujeres.

  La Defensoría de Derechos Humanos y organizaciones gubernamentales que luchan supuestamente para los derechos de las victimas en Oaxaca no asistieron a la Marcha. Cabe señalar que el articulo articulo 33 de la constitución mexicana prohíbe a lxs extranjerxs el derecho a manifestar, o a participar a cualquier evento político en México. Lo que se traduce en la realidad con la probabilidad de una deportación hacia su país de origen con 10 años de entrada prohibida al país.

El día 25 de noviembre se celebra en el mundo entero pues se supone que no es un delito manifestar para la Justicia y en contra de feminicidios, violaciones, abusos, acosos y violencias de cualquier tipo hacia la altredad, aquí, en contra de las Mujeres. Pero en México es distinto, en México el gobierno ilegitimo paga defensores de "Derechos Humanos" para que se queden en sus oficinas redactando informes sobre victimas que han sufrido un abanico bastante amplio de violencias. La tasa de impunidad es de 98% para los crimen y delitos, 99% para los casos de feminicidios. En estas estadísticas, no caben las desapariciones de migrantes pues no están registradas, tampoco las de los casos que no salieron a la luz.

¿Y eso porque? Porque muchas veces el mismo gobierno  asesina, desaparece, silencia e impune. Sus instituciones son una fachada sarcástica, una mascara que ni siquiera funciona.

   Los familiares llevaban la Marcha con retratos de sus hijas, hermanas, nietas. Fueron mas de 240 mujeres las que fueron asesinadas desde el comienzo del actual sexenio de Cabino Cué en el único estado Oaxaqueño. Cuatro familias que perdieron a sus hijas estaban presentes con unas representantes de 12 organizaciones civiles. Otra familia cuya hija esta presa por ser mujer e "indígena" camino hacia el centro judicial de Ixcotel para dirigirse a los juzgados, ubicado en la agencia municipal de Santa María Ixcotel y esto con el único afán de reclamar "la actuación -muchas veces parcial- de los jueces y que las sentencias incorporen la perspectiva de género."

Bloquearon el periférico con coches. Los transeúntes miraban esta Marcha fúnebre en silencio. Cada vez que se bloqueaba una calle, las madres, los padres explicaban como había muerto su hija y la gran impunidad de la cual cada caso goza a pesar -en la mayoría de los casos- de conocer al asesino.

Los familiares y una miembra de la asociación civil Consorcio tomaron la palabra en la entrada del centro judicial. Nadie les atendió, nadie les hizo caso. Dejaron allí mas de 240 cruces con el nombre cada mujer asesinada y una tumba de cartón por cada una. El patio se convirtió en un panteón de cartón

La poca participación de la sociedad civil, de las organizaciones gubernamentales, la ausencia y el silencio del cuerpo judicial evidencian tanto la falta de respuestas institucionales y gubernamentales como el desinterés del Estado de Oaxaca en cuanto a los feminicidios. Refleja también el fracaso de las políticas de igualdad y de protección hacia las Mujeres en Oaxaca cuando la violencia hacia ellas es una de las mas grandes causas de muerte del Estado y del país. Esto evidencia la ausencia de Justicia en México, la impunidad total de la cual gozan asesinos, la corrupción de lxs jueces y el terrorismo de Estado.
 
Aquí van unos vídeos de las intervenciones de familiares. Cada persona dio la autorización de difundirla en internet a pesar del riesgo de acoso que podría implicar para cada una de ella.






La abuelita de Dafne Denisse Carreño Bengochea, minuto 4


Este caso en particular evidencia la violencia de clase, el machismo y el RACISMO que rigen la sociedad mexicana y, en particular, el estado de Oaxaca.




Asociaciones civiles presentes:

Zoila E. Bengochea, Consorcio para el Dialogo Parlamentario y la Equidad Oaxaca, Colectivo Mujer Nueva, Colectivo Herramientas para el Buen Vivir, Diversidades y No Discriminación, Casa de la Mujer Rosario Castellaños, Grupo de Mujeres 8 de Marzo, La Red Nacional Católica de Jóvenes por el Derecho a Decidir Oaxaca, Campo A.C., Calpulli A.C., Foro Oaxaqueño de la Niñez, Colectivo Mujeres Lilas.

jueves, 28 de noviembre de 2013

Oaxaca 3

Santisima Virgen de las barricadas,
Protegenos

Le soleil bleu

L'amour est une enfant rieuse qui pisse debout à la face du monde. L'homme grenouille presse mon ventre pour que sorte ma voix.

"Canta mi amor, asi, NA TU RAL".

 Il se fiche du tremblement de terre et des cars retournés. Il chante.

miércoles, 27 de noviembre de 2013

Oaxaca 2

J'aime rouler en voiture quand la nuit est tombée. Oaxaca chaotique déglingue les pots d'échappement des vielles carlingues avec son goudron défoncé, ses dos d'ânes invisibles, ses feux improbables.
Oaxaca et ses grandes fresques pour la justice. L'art de ses rues est impressionnant. Le peuple s'exprime à grand cris contre les injustices qu'il subit. Ils ont beau cacher la misère en vidant le centre ville de ses vendeurs ambulant pour gagner je ne sais quel label qui remplira encore un peu plus leurs fouilles de truands, ils ont beau mentir, ériger l'impunité en principe fondamental de leur pouvoir. Ils ont beau mépriser, piétiner, invisibiliser, assassiner, faire disparaitre;  les mexicains, les mexicaines chantent jour et nuit pour la paix, la liberté et la justice. Les couleurs de leurs peintures crèvent tous les écrans du silence. Les disparus, les disparues sont rappelé.es chaque jour à la mémoire de leurs assassins.
Zapata serre la main de Gandhi, du Che et de Frida Khalo. Le quatre portent une crête. Les jaranas vibrent et el son jarocho chante en pleine nuit contre "el mal gobierno".

"No queremos mas sangre, mas sangre no queremos"

martes, 26 de noviembre de 2013

L'amour, la paix... et la liberté.

Aujourd'hui on avait rendez vous dans le centre de migrants de Oaxaca pour jouer. Des quatre migrants de la veille, trois avaient repris leur route. On a décidé de partir à la recherche du curé qui s'occupe du centre. En effet, ce sont des religieux qui accueillent et s'occupent des migrant.es, des jésuites. L'Etat leur permet d'avoir le local. Ils ont le droit de rester trois jours et trois nuits. Certains se reposent à peine et reprennent leur route vers le  nord, d'autres entament des démarches pour résider au Mexique alors ils peuvent rester plus longtemps. Le centre d'Ixtepec est le plus grand de l'Etat de Oaxaca, il est à 5 heures de route, 800 migrant.es y passent chaque années.
On est parties à la recherche de la "Paroquia Cristo Rey" derrière la gare de seconde classe, prêt du grand marché de la central.

 "Tout droit puis à gauche, toujours tout droit"

On s'est enfoncées derrière la gare. Les voitures, les chiens, les taquerias aux eaux troubles, les vendeuses de jicama, les stands où résonne la musique à fond entre les pochettes colorées de DVD piratés... On cherche le toit de l'église, en vain. Derrière un vndeur ambulant et un groupe d'hommes, une ruelle.

"C'est par là"

Une fête. Des couples de danseurs vêtu.es de costume traditionnel colorés dansent, environ 80 personnes sont présentes. La paroisse est petite, simple, peinte en beige et en doré pour imiter les riches églises du centre ville où l'or volé aux gens de cette Terre éblouit dès le seuil. Sur la droite, la Vierge de Guadalupe; sur la gauche, Jésus avec son auréole de lumière. Dans un cercueil de verre, Jésus sanguinolent sous son linceul. Des dizaines de bouquets ornent l'église, les fleurs sont ravissantes.

On demande où se trouve le Père. Un homme d'une cinquantaine d'années s'avance avec son sandwich qu'il me postillone dessus sans avoir l'air de l'ignorer ou de s'en inquiéter. Il porte un chapeau noir, un polo rouge, de vieilles chaussures vernies et un pantalon à pince. On dirait un vieux communiste! Il nous dit qu'on peut jouer là si on veut, sans micro pour ma guitare d'enfant, ça va pas le faire. Il nous serre la poigne. Je lui demande comment on se rend à Ixtepec, il me répond que là bas il y a 800 migrants.

Un vieil homme parle dans un micro qui date d'Erode, les gens ont l'air d'y faire moyennement attention, pourtant, tout le monde a bien compris que le seul lot de la tombola en jeu et une "licuadora". Un beau ruban bleu orne avec malice le carton du gros lot ménager.

Je sors m'acheter une tlayuda, un homme s'approche et me prie de lui en acheter une, il a faim. Il me remercie cent fois, dans ce quartier il n'y a pas de viande, une tlayuda, ça coûte 1 euro... (énorme tortilla avec de la purée d'haricot rouge, de la salade, du fromage et une sauce pimentée à l'ail)

La populace est majoritairement autoctone, des "Indiens" comme on dirait en France. Etre "indigena" au Mexique, ça veut dire être un fantôme. Un être sans aucun droit dont la misère est une malédiction qui se transmet de génération en génération. Je dois changer de place car la femme en face de moi pue la misère, ça me prend à la gorge et je ne peux rien avaler.

Un groupe d'homme en habits traditionnels entre en scène, ils miment "los abuelitos de Michoacan", ils portent des masques rieurs de grands pères, des chapeaux de pailles avec des rubans qui ressemblent assez à ceux que je connais du Chiapas, des cannes. C'est très drôle.

On rentre tous dans la paroisse, le sermon va commencer. L'odeur me fait faire un pas en arrière, une dizaine de "clochards" sont assis où je suis. Les familles entrent aussi, un chien s'est enamouré de mon étui à guitare, il passe entre les fidèles (entre les damnés).

Une musique de fanfare stridente résonne dans la paroisse. Le père s'est vêtu de blanc. Il commence son sermon. "Le règne de Dieu c'est l'amour, la paix et la liberté... c'est très éloigné de ce qu'on vit ici avec toute cette violence, les enlèvements ..." Il dit parle des migrants et de "nos proches aux Etats Unis". Puis recommence la musique. C'est tellement fort, c'est tellement strident que c'est à se demander si ça n'est pas juste pour réveiller un vieux barbu qui a oublié ces gens là depuis sont putain de nuage.

"Si près des Etats Unis d'Amérique et si loin de Dieu" dit le dicton...

A la sortie, un bel orchestre à vent d'enfant nous attend. On s'attend à de fausses notes dissonantes, à une continuité dans le registre. Pas du tout, ça sonne bien, ça sonne même très bien. Le chef d'orchestre est debout sur une chaise vernie, son ombre grandi sur un rideau de scène rouge. Une sourde muette traduit la musique vers un groupe de sourd muet, elle reproduit les fréquence de la musique avec ses bras. C'est magnifique! Au premier rang, 5 filles clarinettistes, elles sont timides face au tuba et aux trompettes masculines qui les appuient. Mais elles sont là, au premier rang. Ils jouent une belle valse. La scène est surréaliste. Une vielle "Indienne" écoute perplexe sous sons chapeau de paille de la costa, moi je me balance sur ma chaise en riant. Les gens sont contents. Ma voisine a gagné la "licuadora", elle est aux anges!

©Emilie Mourgues


lunes, 25 de noviembre de 2013

Oaxaca

El mezcal y el re-encuentro. La amistad se sella, asi de sencillo, a veces basta un abrazo para reconocerse y sentirse companerx. He vuelto. Sentir que este cuerpo es una gran casa a donde me siento bien, a donde puedo acoger gente y sentirme feliz.
He vuelto al feminismo. Por fin, siento que si, estamos conectadas desde el cuidado entre todxs y que es un apoyo gigante en mi vida. Siento el vuelo mas firme pues sé que tengo nidos a donde companerxs me apoyan y me reciben con gusto. Siento que alli-aqui me puedo espresar, puedo subir al escenario tranquilamente y tocar, cantar, leer-me, leernos.

La fiesta empieza, la musica esta fea pero es lo que hay. Empieza el baile, el cuerpo muy seguro me sorprende por su amplitud. Miro al periodista soltar todas sus frustraciones frente a esta sociedad asesina y mientras me repite "100 000 muertos...y si contamos los feminicidios son 100 000 mas" no dejamos que el baile se nos vaya. Porque asi tambien se resiste. Dandole cana a una vida preciosa, a una vida que -sin embargo- no vale absolutamente nada.

Una vida que si, aqui en México late mas fuerte que en ninguna otra parte. Y eso a pesar de la guerra, a pesar de esos ninos fantasmas que no han dormido y ya son las 4 y esperan a que les compramos chicles y cigarillos. A pesar de esos contrastes surrealistas entre rubios pedos e indigenas fantasmas...
A pesar de todo, miro a Pablo descalzado enloquecido con la rabia que tiene por su pais. Miro a esta loca cuyas tetas gritan a este putx mundo :"Me abuurrrooooo!" y mi risa estalla, estalla.

domingo, 24 de noviembre de 2013

Afirmación

Soy feminista, soy viajera, soy lesbiana, soy música, soy antropóloga, soy escritora.

sábado, 23 de noviembre de 2013

Diana y la Golo



a veces la vida pone en tu camino gente que no te esperas. Y vuelven a aparecer en contextos distintos donde la improvisacion rige el ambiente.



viernes, 22 de noviembre de 2013

S.O.S Diagonal



El periódico quincenal independiente español DIAGONAL necesita apoyo y donaciones. Sin prensa libre e independiente, no hay información, sin información no hay conciencia política, sin conciencia política no hay nada -menos un cambio social.

Aquí van los motivos de su campaña de microfinanciación para quien pueda apoyar, va desde 5 euros: http://goteo.org/project/diagonal

jueves, 21 de noviembre de 2013

Encore

C'est à se demander ce que fichent ces textes dans mon ordinateur. Ma vie est un ensemble de textes, de voyages et d'amoures inachevés qui se chevauchent au firmament en laissant des pointillés de partout sur le sol de mes nuits.
Il fait bon. J'aime ce chemin qui semble avoir pris une direction qui me dépasse, comme ça, à la naissance.
Et pourtant, en faisant mine d'en oublier le prologue, les pages s'écrivent et la plume fait ce qu'elle veut. Mon destin s'écrie: "Encore!".

©Emilie Mourgues

miércoles, 20 de noviembre de 2013

viernes, 15 de noviembre de 2013

Mercado de la central

Puede ser que el mercado de la central oaxaqueño sea el más grande del continente. Centenas de puestecitos pegaditos juntitos bajo el calor acumulado por debajo de  techos de plásticos improvisados ofrecen un paisages de colores y un viaje olfactivo inolvidable. No me atrevo a sacar la cámara en este sitio, no por peligro, sino porque mi presencia se nota bastante pues soy la unica güera al kilometro cuadrado.

 "Ey! güera! que buscas? Que te ofrezco?"
"Ey! guüra, por aqui! por aqui!" 

La ausencia de mestizxs y güeritxs en el mercado demuestra otra vez la violencia de las clases sociales y étnicas en México. Es decir que conocen la existencia del mercado pero tienen miedo a los pobres y a lxs indigenas  (que en este contexto es un pleonasma) asi que no se atreven a cruzar la frontera del periférico donde Oaxaca (al igual que muchas ciudades en el mundo) cambia de rostro.

La gente pobre no roba, se buscan la vida desde la madruga hasta la noche. Es la gente más trabajadora con la cual me cruze. Tienen una valentia inestimable que no les oscurce el corazón a pesar de la violencia estatal, social y política que sufren. Basta contestar a las miradas interrogativas y tímidas con una sonrisa franca para sentirse en paz con ellxs.

  Los niños mean en la calle, otros andan en bragas tirandose agua, la vendedora de fruta mira una vieja tele jugando con una antena de otro siglo. Los perros descansan bajo la sombra de coches destrozados. Los hombres me miran mucho, alzo los hombres y me dejan en paz.

El miedo, el racismo, el clasismo, el machismo estallan a este país cuyas posibilidades y riquezas son inmensas.

jueves, 14 de noviembre de 2013

OhMmmmmmmmmmmmm


Instalarse en el Sentir y no moverse de alli.

martes, 12 de noviembre de 2013

Santiago

Por la careterra 40 con Santiago y Choco! 
Don't cry for me Argentinaaaaa


lunes, 11 de noviembre de 2013

Apoyo a Silvia Pérez Yescas

Une défenseuse des Droits Humains menacée de mort à Oaxaca vit cachée depuis 8 mois. Elle protège des femmes et des enfants victimes de violences. Des hommes cagoulés et armés ont tenté de l'enlever avec son fils en janvier 2013. Ils ont réussi à s'enfuir grâce à leurs voisins. Le gouvernement mexicain ne les protège pas. Ci joint une pétition de soutien.



Petición: SEGOB debe cumplir y proteger a Silvia, defensora amenazada de muerte

domingo, 10 de noviembre de 2013

Love love love

Traducción abajo

 L'incroyable lumière oaxaqueña transperse les feuille colorées des arbres en fleurs. Il pleut des anges sur nos têtes nues. Elle fend la tomate entre eux airs de cumbia. Le vieil homme s'assied sur le banc et regarde la scène avec ses yeux qui ne voient plus. Il me parle de ses 55 ans de route pour la compagnie d'autobus ADO. Les moteurs diesel l'ont rendu sourd et sa fille est en Argentine.
"Elle a du passer par ton pays en avion pour arriver là bas non?"


La Golo
en Tutuma, Oaxaca

La increíble luz oaxaqueña atraviesa las hojas coloradas de arboles vestidos con flores. Llueven angeles sobre nuestras cabezas desnudas. Parte el tomate en dos entre aires cumbialeros. El viejito se sienta en el banco a mi lado y mira la escena con sus ojos ciegos. Me cuenta sus 55 años de carretera con la ADO como chófer. Los motores diesel lo volvieron sordo y su hija anda por Argentina.
"Tuvo que pasar por su país para llegar hasta alla verdad?"

 ©Emilie Mourgues

viernes, 8 de noviembre de 2013

La peau

Il y a quelque chose chez ces gens qui palpite entre le monde et la vie. Une place pour la joie, la verdadera alegria de se rencontrer, de se bénir, de se souhaiter le meilleur. Et cela juste parce qu'on est en vie. Le reste n'a d'importance que la valeur qu'on lui porte, un vrai jeu d'enfant qui respire, vraiment par le nombril. Ça chante et ça danse. En fait ça vibre, une douce membrane, une peau humaine entre les choses.

 ©Emilie Mourgues

Aruna y La Golo en Oaxaca

 



jueves, 7 de noviembre de 2013

Donne moi la petite mort

La pénombre et les lueurs infimes de ceux qui se souviennent des autres. Les peuple du Mexique fêtent le retour de leurs morts une fois l'an. La fête dure trois jours. Le 31octobre, les cimetières sont à la fête. Les mariachis sont convoqués et chantent les airs favoris des défunts pendant que leur proches dansent sur leur tombes en buvant, en riant. Les autels sont dressés dans les maisons. Des pans de fleurs oranges, un verre d'eau, le pain des morts, des calaveras en sucres, une belle photo du défunt, une photo où il-elle sourit. Des fruits aussi, beaucoup de fruits, des bougies et de l'encens afin d'ouvrir les portes interdites. 

 un bout d'Autel, Oaxaca de Juarez.

Le premier novembre, c'est le jour des enfants. Ils reviennent. Ce sont les premiers invités. Le deux novembre ce sont tous les autres. Les cimetières sont ouverts à tous. On s'y sent bien, ça nos rapproche, nous, les vivants. C'est chaleureux. On sent qu'il ne sont pas loin, qu'ils sont là. Qu'ils palpitent entre les vivants qui les rappellent. Afin qu'ils se souviennent du chemin, on met des objets qu'ils aimaient sur leur tombe, on la décore bien, on met les boissons, les aliments qu'ils aimaient, comme ça ils ne se trompent pas. Comme ça ils n'oublient pas les vivants.

 Costume traditionnel d'Etla San Augustin, Oaxaca
01/11/2013

Puis la fête commence. Les Indiens d'Etla (province de Oaxaca) sortent leurs costument de grelots et de masques, certains portent aussi des figures d'Halloween, on n'en fini pas de créer, de mélanger les traditions et de les faire siennes au Mexique. On s'en fout tant que la vie tape du pied sur la Terre, tout est permis.
Alors trois fanfares parcourent le village et jouent dans les jardins de toutes les maisons qui ont laissé leurs portes ouvertes. Alors le silence se brise et c'est la folie. Il y a 7 tubas, 10 trompettes et une armées de morts vivants prend l'espace et danse à en réveiller les morts. Les grelots des costumes battent la mesure et la transe commence. Quand on quitte les lieux, certains habitants offre le mezcal, ce suc du coeur des cactus de maguey. Et c'est reparti, en silence jusqu'à la prochaine maison. L'alcool monte et la fête bat son plein. Ça n'en fini pas, ça n'en fini pas de fêter la Vie.

La bringue. "100% panteonero"
Etla San Augustin, Oaxaca 
01/11/2013




miércoles, 6 de noviembre de 2013

La Parca

Le voyage a quelque chose d'indicible, cette peau fine entre les réalités qui se chevauchent, qui rend la narration difficile, comme si rien d’extraordinaire n'était en train de se passer. Et pourtant. Pourtant les couleurs, les odeurs, les histoires et les armes. Pourtant les guitares désaccordées et les chants infinis. Pourtant la lune sourit, les enfants rient dans le patio et les plantes en novembre. Oaxaca. La douceur infinie au milieu du désert. L'oasis coloniale où tout est possible. Surtout les artistes, l'amour, les peintres et les musiciens. Il pleut des tonnes de fleurs sur les morts qui dansent sur nos têtes. C'est à en pleurer de rire d'être en vie. Et ils le savent bien, ils le savent bien. Que leurs squelettes colorés sont un hommage à la vie qu'on leur porte, depuis ce monde illisible qui n'a de sens que celui qu'on lui donne. Les cimetières sont devenus des antres de fête où coule la joie du souvenir, la rica comida et l'envie de se mélanger sur la terre fraîchement retournée de leur départ. Incommensurable présence de ce qui fut, de ce qui reste.


Panteon del pueblo Xoxocotlan, Oaxaca




El pais bajo mi piel

"Un tiempo incólume y eterno habita las ciudades donde nunca pasa nada....Ese apacible romanticismo es ya tan ajeno a mi vida... La agitación de otros lugares me parece mucho más tolerable y estimulante. En esos momentos me di cuenta de que ya nunca me conformaría con el gozo pasivo o los placeres puramente sensoriales, que para mí ya nada podría competir con la euforia contagiosa de los sueños colectivos...."

Gioconda Belli, El pais bajo mi piel, Nicaragua

domingo, 3 de noviembre de 2013

compañera

mi compañera me enseño que amar es cuidar, tarde quasi 30 años en entender esto. Frente a su casa esta escrito
AMAR ES EXISTIR

 (quiero besarte en todos los panteones del país)

¡¡Alberto Patishtán esta libre!!


Après avoir été enfermé 13 ans pour ses opinions politiques sous couvert  d'assassinat de sept policiers qu'il n'a pas commis au Chiapas, le professeur Alberto Patishtán a été libéré hier  à San Cristóbal de las Casas grâce à la forte mobilisation de ses proches et d'Amnestie International.


 "¡Hasta la victoria siempre cabrones!"


 
Héctor Patishtán, hijo del profesor indultado, afirmó que "desgraciademente mi papá no puede  estar aquí pero está de la forma en que más le gusta: con el corazón y el espíritu. Creo que todos nos merecemos mucha alegría el día de hoy: ¡felicidades, compañeros!, ¡sí se pudo! ¡Hasta la victoria siempre!
“A mi padre no lo liberó un indulto, lo liberó el pueblo” dijo ayer su hijo, Héctor Patishtán, agradeciendo a todas las personas que con sus acciones hicieron posible esta victoria.

viernes, 1 de noviembre de 2013

Carlos

Carlos a 23 ans. La première fois que je l'ai vu, il portait une tunique blanche d'infirmier et suppliait de lui ouvrir la porte de la maison où nous sommes hébergées d'un air pressé. Il était 7 heures du matin et je refusais de sortir de mon sac de couchage faisant fis de la sonnette stridente qui perturbait le peu de répis que me laissaient les mosquitos.
Il loue une chambre dans cette maison et vient une fois par semaine de Toluca. Je n'ai pas bien compris pourquoi mais il étudie la médecine d'où son accoutrement. Il se tient très droit et fait beaucoup de manières galantes qui me font beaucoup rire. Ce matin, je me suis excusée pour le loquet fermé et il m'a beaucoup parlé. Son père est mort très jeune et il a dû s'occuper de sa mère très tôt. L'etat de México (autour de la ville) est un des plus violent du pays, c'est à dire qu'il est régit par des bandes organisées qui séquestrent, volent etc... Il doit prendre l'autoroute payante pour venir à México, elle coûte 70 pesos pour faire trente kms (5euro), "Sur la route gratuite tu te fais braquer. Ici, quand tu n'as pas d'argent, tu n'as pas trop le choix: où tu raquettes ou tu te fais dépouiller"
Quand on a 16 ans, le choix est vite fait. Il a braqué des voitures et commencé sa carrière de médecin en faisant des bandages à ses potes qui revenaient blessées de leurs maudites escapades. Il a enlevé des balles, recousu, soigné, fait et vu pleins de choses qu'il n'a pas voulu me raconter. Derrière ses bonnes manières c'était difficile à croire et pourtant... Il a fait le choix de revenir dans le droit chemin pour ne pas se faire crever comme un chien, comme ces dizaines de visages mal photocopiés de disparus qui jonchent les avenues du metro. "Ce gouvernement est tellement mauvais... il n'a même pas été élu, ils nous taxent comme jamais pour construire des routes qui ne verront jamais le jour, ils gardent tout pour eux. Ce jeune con que tu vois à la télé est un pantin, derrière il y a les plus grands truands du pays qui font appel aux bandes organisées pour faire le sale boulot, si tu savais ce que j'ai vu dans mon barrio... Et nous on n'a aucune alternative, tout le monde nous vole, le gouvernement comme les bandes, comme les flics. Il n'y a pas d'issue à cette situation, j'aimerai voir la France avec votre sécurité sociale..."
Ses yeux brillent. Il n'a jamais été à la basilique du Tepeyac alors on a décidé d'y aller ensemble. "Pour moi la religion, c'est très important tu comprends, ça m'a aidé à ne pas devenir un diablito, à devenir bon, à faire le bien, à soigner les gens." Quelle belle étoile tu as Carlos... passer de malfrat à médecin c'est pas donné à tout le monde! Il me remercie. Il est tellement courtois et tellement jeune que le décalage est surprenant avec ce qu'il me raconte. Pourtant, ses yeux brillent d'une belle sincérité.
On va à la basilique, il prie, moi aussi même si je sens tout le poids des mensonges de l'église étouffer une belle énergie puis en rentrant, il m’ausculte. Carlos est très savant, il travaille comme un fou et connaît très bien le corps humain. Il me montre où est mon estomac, mon foi, mes artères. Il a écouté mon cœur et m'a tendu le stéthoscope. Moi aussi j'ai écouté son cœur.