martes, 25 de agosto de 2015

Marseille again

Je traverse Marseille où le jour se lève, ça y est, tu es dans ton train. Je me faufile direction la Ginestre entre crainte du bouchon et envie de zigzaguer entre les pierres blanches des calanques avant d'aller bosser. Une émotion violente me saisi. J'aime cette ville. Je l'aime parce que je m'y sens chez moi. Les scooters aux longues jambes en sandales qui frôlent le bitume, les radios zouk soucousse raeggae orientales. Les foulards multicolores, les passes passes en bagnoles dans les montées étroites où par miracle on cartonne pas. Si on était stressés, les cartons seraient inévitables...Mais on a développé la vision 360° et c'est elle qui gagne sur le code de la route. En fait, c'est le bon sens et la sympathie qui ont gagné depuis longtemps cette ville déglinguée et majestueuse, cette antiquité. Marseille est un cormoran, un Gabian déjanté au pastis et aux hydrocarbures, un poisson aux yeux ravageurs, à la gueule bien placé, au sourire de Black, aux épines dorsales mazoutée, arc en ciel.
 A Marseille, tout est différent. Les gens, les langues, les sourires, le pognon, les odeurs, la saleté, la lumière, les rires, les sourires. Tout est à sa place. Fort comme un café de PMU à 6 heures du mat, décalé comme le pastis après mangé, aimable comme l'orgeat de la Mauresque .C'est une ville qui adopte, qui reçoit, qui accouche et qui donne au monde tout ce qu'elle a. C'est une ville qui s'en bat les couilles! Qui craint degun! C'est une ville qui résistera à tout parce qu'elle dégoûte le pouvoir, parce que les pouilleux ici sont les rois! Elle resistera toujours parce qu'elle est la frontière et le Port, le début et la fin, le chaos. Le Vrai!

Tu t'en va et j'aime. Toi, la ville, les gens, la lumière.

Souvent je gueule que je veux repartir, toujours repartir. Et c'est vrai, je repartirai, nous repartirons. Mais ici, j'ai envie d'y être.

Oeuvre de Nhobi