lunes, 19 de diciembre de 2016

Taxi1

Tous les jours on monte dans des taxis pour aller au métro le plus proche de l'unidad cuitlahuac. Ca me rappelle mes voyages en stop. On sait jamais avec qui o monte et les chauffeurs ne savent jamais qui ils emmènent à travers une des ville les plus grande et dangereuses du monde.

Le premier taxiste qui m'a donné envie d'écrire était très existé. Un eucalyptus venait de tombait sous les coups du vent, arrachant les câbles électriques d'un poteau, les fils dansaient sur le bitume en faisant des étincelles.
Arbre venait d'écraser l'avant du taxi d'un collègue à lui, soulevant l'arrière du véhicule du sol. La rue était bloquée et ça klaxonnait à des kilomètres de l'accident.

 " heureusement, il n'avait pas de client mais vous vous imaginez! Ces arbres sont dangereux! Si jamais vous êtes en voiture et que vous passez près d'un eucaliptus, ne vous arrêtez pas! C'est pas la première fois que à arrive!"


miércoles, 14 de diciembre de 2016

martes, 13 de diciembre de 2016

Punta Lobos

L'espace sublime des cétacés et de leur migration. Le souffle des baleines est inégalable. Deux bateaux de pêche à l'horizon. Entre eux, de temps en temps, les jets alternés de la respiration des baleines. Sur la plage, des petits groupes de trois personnes pêchent à la ligne sans cane. Derriere eux un hôtel en construction rejette de l'eau sur le sable. Je m'approche:

" -Bonjour messieurs, ça mord?
- Oui regarde, ils sont gros!
Sur le sol, des cadavres de crevettes qui ont servi d'appât.
- Vous savez si quelqu'un peut nous amener en lancha près des baleines?
- Biensûr, mais pas avant une heure mon collègue est à Todos Santos, il est de la coopérative.
- Ça coûte combien?
- C'est les prix de la coopérative, tu verras avec lui. Mais regarde, y'a deux bateaux qui vont rentrer. Demande leur, ils sont aussi de la coopérative, parce que c'est mon bateau là sur la plage, mais mon collègue va tarder.

En effet, le pilote prend son élan et débarque deux touristes allemandes de notre âge. Le visage brûlé et heureux, elles remercient chaleureusement les hommes et se prennent en photo avec eux.  Ils discutent pour savoir qui va nous emmener au large. Certains sont pressés d'aller pêcher. Ils veulent nous emmener deux heures, 50 dollars de l'heure à deux parce qu'ils doivent reverser une part à la coopérative. On négocie un passage d'une heure, ça arrange tout le monde.
Lobos marinos

L'horizon est vierge, des familles de pélicans sont maîtres d'un rocher, plus loin ce sont des lobos marinos, une espèce d'otaries. Le plus cool des animaux! Ils se prélassent au soleil et plongent dès qu'ils sont secs. Ils nous font beaucoup rire, ce sont de grands joueurs! Le plus gros mâle fait le beau et fait des acrobaties pour nous séduire.

 On avance. Quelques plages se dessinent sur le rivage. Le sable, une forêt de palmiers et en arrière plan la Sierra. C'est sublime. On voit respirer une baleine! On s'approche encore un peu, elle plonge. On la suit. Elles sont deux! Leur peau luisante est sombre, elles gardent le rythme. Je suis très étonnée de voir qu'elles nous laissent nous approcher autant.

Une baleine¡
 La nature est si puissante. Les étendues sauvages de l'Amérique sont inimaginables pour un européen. La Vie est partout! La richesse de la Planète donnent tout ce dont les êtres vivants avons besoin. On peut tous très bien vivre sur la Terre: animaux, plantes et humains. Tout est là en abondance... Quand on ne le détruit pas.

Soixante pêcheurs sont organisés à  Todos Santos. Ils vivent essentiellement de la Mer. C'est une communauté de 250 à 300 personnes en comptant la famille. Ils sont là "depuis 100 ans!", me dit Don Eugenio. Je suppose qu'ils sont là depuis toujours.
Hotel en construction

Les allemands sont arrivés pour construire cet hotel 5 étoiles et privatiser la plage. La Banhaus apparement. Les pêcheurs ont refusé toutes leurs offres de dédommagement, la police mexicaine est venu et les a frappé. Un avocat les aide gracieusement. L'argent du projet vient aussi des USA: l'université du Colorado finance l'hôtel resort des allemands. Le gouverneur du coin leur a vendu le projet alors que les habitants sont contre. 


Eugenio, un des pêcheurs déjà bien marqué par la vie nous dit:

"Quand ils prennent l'eau, y'en a plus au village. Ils ont emmené des pierres de la sierra pour la construction, et ils jettent l'eau pour humidifier leur dune artificielle. Nous on résiste, on n'acceptera pas d'argent! Une fois qu'on l'aura depenseŕ qu'est ce qu'il nous restera? Les gens partiront il videront le village! Ils peuvent pas construire ici, quand la mer monte elle monte jusque ici! Quand il y a des ouragans, c'est pire! On a besoin de l'entrée à la mer pour vivre. A san jose, l'accès à la plage est payant. On peut plus pêcher la bas."
Don Eugenio, Denise et Don Bruno.

Denise est outrée. Elle leur a laissé le contact du Barrio Antiguo au cas ou ils auraient besoin d'un espace de diffusion, le journal leur ouvre ses pages digitales!

"-Mais c'est illégal! C'est le territoire national ça ne doit pas être privatisé," s'écrit elle.


L'économie et la vie de 300 personnes dépendent de l'accès à la plage de Punta Lobo. Nous insistons sur l'importance de diffuser les expropriation des pêcheurs et paysans du Mexique par des puissances immobilières occidentales. 

Peut être que ça leur fera plus Honte chez eux qu'ici. En Allemagne ils n'ont pas le droit de faire ce qu'ils font ici!

Partout ou nous allons nous voyons la même chose. De grands complexes hôteliers en construction. Vides. De grands murs marquent de nouvelles frontières entre eux et les villages de pêcheurs. Tous, absolument tous, sont étrangers. Ceux qui entretiennent les lieux et servent les touristes sont mexicains, une main d'œuvre exploitée. 

Les gens d'ici se fichent de l'argent. Ils veulent continuer à vivre en paix, chez eux. Leur respect pour la Mer est immense.
L-acrobate

Les migrations de baleines, de dauphins et autres mammifères marins passent toujours ici, et elles passent près des cotes parce que les habitants des terres les aiment et les respectent. L'impact environnemental des pêcheurs est minime. La Nature est généreuse, ils pêchent le minimum. Leurs familles sont grandes parce qu'ils peuvent les nourrir. Il y a de l'espace pour tout le monde.

 Monsieur Pelican

Il peut y avoir du tourisme et du passage autrement. On peut transiter par le monde sans tout casser, sans s'approprier des terres et des eaux. On peut se rencontrer, partager, participer aux revenus de familles locales dans des endroits magnifiques où l'être humain n'est qu'un être parmi les autres. On peut vivre sur terre sans asservir les autres.

 Il suffit de croiser le chemin d'une baleine pour se rendre compte que la Vie est d'une simplicité à couper le souffle, que la Terre est notre Mère à tous et que notre devoir le plus élémentaire, c'est de la laisser faire, de la respecter!

 Une des plus belle rencontre de ma vie¡
Respect ma soeur, bonne route a toi

viernes, 9 de diciembre de 2016

El Norte

La densité du désert, immense. Le bleu des  étoiles se reflètent au sol. Les cactus , illumination céleste, laissent parfois entrevoir une petite maison de terre, un feu de joie.

- j'aime bien la mode ici.
- la mode?
-Les hommes en santiag, sombrero et moustache. Avec leurs ceinturon à la Sergio Leone. Il manque que le calibre, on se croirait dans un western quoi!

Elle se marre. On est une fois de plus, au bout du monde.


miércoles, 30 de noviembre de 2016

Les Vacances

La douce et âpre odeur de goyave et de mangue m'a enveloppée en entrant chez Jesus et Maggie. Les vacances. Dormir, se faire chouchouter, chanter, écouter les contes et histoires entre deux repas, faire des sudokus.
La vie est douce à Azcapotzalco. La lumière incroyable perce le smog inégalable de la Ciudad de Mexico. Les heures tournent et embarquent la ville et ses 30 millions d'habitants. Moi, je la regarde vivre et s'agiter depuis le deuxième étage de l'unidad.
"Agua bonafonnnt" c'est le marchand de bombonnes d'eau potable. Les marchands offrent leurs services dans la rue et passent d'immeuble en immeuble toute la journée. Mes préfèrés sont passés hier, ils passent deux fois par semaine. Un homme joue de la trompette, l'autre a un petit tambour, une femme au saxophone, l'autre court sous les fenêtres ramasser les pièces et billets des voisins.
J'ai toujours l'air de débarquer dans ce pays, alors j'applaudis les artistes en hurlant par la fenêtres "BRAVO". Le gars me sourit de toute sa beauté édentée. La fanfare continue et bercera ma sieste une bonne partie de l'après midi.
Vive les musiciens de tous les pays. Longue vie aux vagabonds et aux instrumentistes. Vive la débrouillardise des pauvres de ce monde.




domingo, 27 de noviembre de 2016

La Nouvelle, petite réflexion sur la dictature

Fidel est mort. Ça cinglé dans la chambre. Les traits se dont affaissés. La nouvelle s'est propagée dans la rue. Elle s'est installée partout.
Les réactions se sont enchaînées sur les réseaux sociaux: l'inquiétude et la tristesse de tout un continent. Très peu de gens soulagés ou allègres comme on aurait pu le croire.

Quelques heures plus tard, notre Avion décollait direction Mexico. Sur les compartiments des bagages, des photos de Cuba: "venez découvrir la nature et la joie authentique." "Venez vivre l'aventure!". Sur les photos vendant les paysages, les Cubains sont absents. Sur le dos du siège de ma voisine, la publicité d'une clinique privée à la Havane: "Tu rêves de santé? Viens à Cuba, c'est la santé pour tous".



En arrivant, notre taxiste avait mis la radio: une émission cubaine avec de la salsa. C'est pas la musique la plus populaire du Mexique. Quand on lui a demandé ce qu'il pensait de la mort de Castro: " il avait 90 ans c'est normal! Des cubains sont très tristes, d'autres font la fête à Miami, c'est pas bien de se réjouir de la mort mais ils ont leurs raisons. Les cubains ne pouvaient pas sortir de l'île, c'est pas juste. Mais il leur a donné la santé l'éducation et le logement. Moi j'ai vécu aux États Unis, j'ai pas aimé je suis rentré au pays mais j'ai de la famille làs bas, ils sont citoyens américains, ils ne souffrent plus."



La conversation est intéressante, le gars est sympathique. Je divague dans les embouteillages et je pense: Combien de latino américain peuvent sortir de leurs pays? Pourquoi d'un côté en Europe on craint ceux qu'on appelle "les migrants" et certains trouvent que Trump à raison de construire un mur, et de l'autre les mêmes s'insurgent de ce que les Cubains ne pouvaient pas sortir de Cuba à cause d'un dictateur. 
Combien de gens meurent de faim en Amérique Latine à cause des USA et du capitalisme? Combien de coups d'états ont ils mené sur ce continent qui n'ont jamais été dénoncé dans mon pays par ceux qui ont craché sur la dictature de Castro sans jamais relevé les avancées sociales dues à la Révolution cubaine? C'est pas de la dictature ça?



Ils ont flingué Allende, essayer de descendre Castro plus de 600 fois. 600 fois...  Ils ont flingué les Panaméens, les Nicaraguenses. Ils ont fait disparaître et torturer des centaines de milliers de personnes de la Terre de Feu jusqu'à leur maudite frontière en pillant tous les pays, en installant des bordels partout où ils ont pû.


Ces dix dernières années ils ont fait un coup d'état au Honduras, au Paraguay, ils ont essayé de descendre Morales en Bolivie, Chávez á maintes reprises, appuyé le coup d'état contre Dilma au Brésil. Pourquoi? Parce qu'ils voulaient tous leur Indépendance économique et politique et qu'ils se sont organisés. Ils ont enlevé les frontières entre leurs pays. Des pauvres ont pu voyagé dans pratiquement tout le Cône Sud de l'Amerique! Ils ont créé leur banque et on commencé à respirer. C'est à dire arrêter de se faire dépouiller et connaître un minimum de démocratie.



En Europe, personne n'en a parlé sauf pour se moquer. Sauf pour dénigrer les rêves et les avancées sociales de dizaines de millions de pauvres. Et tout le monde s'est bien gavé: pétrole, uranium, cuivre, or, argent, nourriture. Ils se sont bien gavés, sauf à Cuba.



Les multinationales ont brisé tout ce qu'elles ont pu, les mouvements sociaux indigènes continuent de se faire massacrer. Et ça, c'est faute des États Unis. Ceux là mêmes qui votent Trump. Cette mentalité raciste et impérialiste. Dix ans après l'arrivée de Chavez au pouvoir - et Ça c'est grâce à Cuba et à Castro-, la CIA continu de faire son boulot au Mexique, au Pérou, au Brésil, en Argentine et à déstabiliser tout le continent.



Ce que veulent les Nord Américains, c'est être Les Américains. Ils veulent être les propriétaires du continent du pôle Nord au pôle Sud. Ils veulent tout et gratuit. Ils veulent continuer à se de defonser  à la cocaïne sur le dos des pauvres. À s'éclater dans des ressorts type Cancun où les habitants vivent de leurs pourboires. Corrompre tous les gouvernements pour faire ce qu'ils veulent et se garantir une main d'œuvre esclavisée, du pétrole à gogo.



Aujourd'hui dans mon pays la France, des gens se lèvent et vont donner 2 euros à un parti richissime pour voter pour un liberal qui veut enlever les impôts pour les grandes fortunes et flinguer la sécurité sociale. Ce droit à la Vie mis en place par es communistes à la fin de la guerre contre les nazis. L'espérance de vie en France est passé de 45 à plus de 70 ans Grace à la sécu. Je suis sûre que chez les électeurs de Fillon, y'a des gens qui s'insurgent de la dictature castriste et qui détestaient Chavez.
Combien de gens vont crever de maladies si ce connard gagne le pouvoir?



Ce qui me fascine, c'est que des gens de la classe moyenne française s'identifient plus à un Fillon, un Sarko, une Le Pen qu'à un médecin cubain ou un paysan guatémaltèque. Je comprends pas. Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible qu'on voit son voisin comme un assisté alors qu'on a tous et toutes besoin des services publics. Sauf les hommes politiques.



Castro n'était pas un ange. Beaucoup de cubains ont souffert de sa dictature. Mais il a résisté à un monstre. Cuba a été l'espoir de centaines de millions de gens qui ont senti que grace à cette résistance à tout prix, ils pourraient un jour vivre libres et sortir de la misère. Je suis allée à Cuba, je connais le Mexique, l'Argentine, le Pérou, la Bolivie, le Chili. 
La Révolution cubaine à donné aux Cubains ce que personne ne connaît dans l'Amérique Latine que je connais (sauf dans l'argentine de Kirchner et la Bolivie de Morales, tous deux très proches de Cuba): LA DIGNITÉ.

sábado, 26 de noviembre de 2016

Bye bye Cancun

Il est temps de quitter la luxuriante végétation de la rue bacalar de Cancun, ses chants d'oiseaux tropicaux et sa lumière dorée. 

Les corps s'habituant aux bactéries du coin, on a décidé aujourd'hui de se reposer. Denise m'a fait découvrir un film mexicain merveilleux des années 60 : "Macario". Le scénario est de Bruno Traven, un allemand qui a passé du temps au Mexique et dont Jesus, mon beau père, m'a beaucoup parlé.
 Macario est très pauvre, il n'a jamais eu en sa possession qu'une seule chose: la faim, et il a un rêve: manger une pintade à lui tout seul sans devoir la partager avec personne, pour une fois dans sa vie. Il va rencontrer le Diable, Dieu, et la Mort -ces trois entités indissociables du Mexique- avec qui il va passer un pacte malgré lui. 

Je crois que parfois, venir d'ailleurs, ça permet de comprendre les fonctionnement d'une culture et d'une société différente de manière tellement brutale que ça peut surpasser l'entendement des gens de cette même culture. Bien sûr ça n'est pas donné à tout le monde, ça nécessite un sacré talent! Et le beau père à raison, Traven excelle.

Le lien du film : https://m.youtube.com/watch?v=f-0QWddgPMc

On a ensuite visionné un documentaire autobiographique de l'économiste devenu photoreporter brésilien Sebastião Salgado intitulé "Le Sel de la Terre". Fort. Puissant. Poétique. Humain. Désespéré. Ethnographique. Puis le retour sublime de la Vie. Le recommencement. Genesis.

Le Sel de la Terre est un des plus beau documentaire que j'ai vu dans ma vie. Le voyageur, l'homme, l'explorateur, l'exilé, l'humain, le révolté, le témoin et l'acteur se joignent et nous lègue un document immense. C'est le travail de toute une vie et de celle de sa femme et de ses deux fils.
 La difficulté de retranscrire ce monde, ses paradoxes, ses horreurs, sa beauté. Sebastião a une sensibilité incroyablement poétique. Un sacré voyage au cœur de l'humanité. Un voyage en Noir et Blanc.

Sebastião Salgado et sa femme à leur retour au Brésil.

viernes, 25 de noviembre de 2016

Esto es México

  Arriver à Cancun c'est comme arriver nulle part. Les Parks hôteliers ont renversé les palmiers, 25 000 000 de touristes par an s'agglutinent sur les plages et déversent leurs dollars dans des gros complexes nord américains ou quataris. Les mexicains sont la pour les servir. Servirles es un privilegio: vous servir est un privilège. C'est peint sur la façade d'une petite boutique excentrée. Du haut du ciel la jungle, dense et sauvage s'étend sur toute la péninsule yucatèque. De temps en temps un crocodile sort de la lagune nichupte et croque un nageur bourré ou un joueur de golf 5 étoiles. Quelques jours après notre arrivée eilier nous a emmené au cruzero en voiture avec les beaux parents. "Esto es Mexico!" S'est exclamée magui! Les rues inondées par les eaux troubles du passé. Les odeurs de cloaques, les vendeurs à la sauvette, les prostituées de pauvres, la fourmilière chaude et poisseuse du sud mexicain me tendait une fois de plus les bras à deux pas des resort de luxe.  On a construit la ville sur des mangroves, celles la mêmes qui protègent des ouragans. 
La voiture fonçait au milieu de toute la vie du tiers monde et je ne pouvais m'empêcher de penser: quelle monde de merde! Quelle sale époque! Et de me demander si on y verra un jour le bout? Maggie m'a regardé dans le rétroviseur et m'a dit: " moi je préfère être avec les pauvres, les autres sont trop difficiles à vivre."
Bienvenida Mi hija.

miércoles, 2 de noviembre de 2016

viernes, 21 de octubre de 2016

Au bout du monde

Un autre bout du monde, terre abrupte fouettée par l'Ocean. 

Nuit abandonnée aux cloches des chèvres, aux vents d'antan. Regards pudiques et gentillesse des hommes, rires et bienveillance des femmes. Les jeunes ont pris la fuite, laissant les vieux travailler la Terre, pêcher du haut des falaises. 


Obrigada. A vida e bela





miércoles, 7 de septiembre de 2016

L'enfer, le Silence

"Sartre affirme que l'enfer c'est les autres. La phrase est brillante mais je crois qu'elle reflète plus un état d'âme qu'une vérité universelle. Je veux bien admettre que les autres peuvent nous rendre la vie insupportable... mais ils peuvent aussi être nos compagnons de paradis. Pour moi, l'enfer, c'est le néant. Un endroit sans mes amis, sans musique, sans paroles qui stimulent l'imagination, sans beauté qui exalte les sens."

Juan Diaz Canale

viernes, 22 de julio de 2016

Nice

Les victimes de Nice ont toute mon affection, toute ma compassion. Leurs familles et leurs amis aussi.

J'aimerais dire aux terroristes que je les condamne à l'oubli. Je vous boycotte. Je ne veux rien savoir de vous. Ni votre nom. Ni votre visage. Ni votre histoire. A tous les psychopathes qui se révèlent grâces aux velléités d'une organisation mortifère, colonisatrice, opportuniste et mafieuse; il y a assez de force dans l'Univers pour que vous pourrissiez dans la fosse commune de l'Oubli. Vous n'obtiendrez de moi que le Silence. Vous n'aurez Rien. Rien d'autre.

Après chaque assassinat massif, après chaque "attentat", j'irai aux Musées, j'irai aux concerts, je serai près des gens, je chanterai le soir venu. Je ne vous offrirai pas une minute. La Vie gagnera. Elle gagne toujours.

Vous les médias, vous qui vous accordez le nom de journalistes, vous qui mangez sur des cadavres. Vous êtes coupables aussi. Vous ne respectez rien, vous les Charognards. Vous ne valez guère mieux.

Quant à vous les gominés, vous les gouvernements, vous les "Présidents", vous les "politiques", vous les guerriers. Vous les Assassins du monde. Ne me demandez plus rien. Tout est de votre faute. La Misère et les Guerres c'est Vous, les Morts c'est Nous. Allez donc rejoindre les premiers!

Je ne vous haie point. Je vous nie, je vous bannis de mon Humanité, de mon espèce et de mes morts.

Vous les petits, vous les fantômes, vous les Enfants, vous les assassinés, vous les disparus. Je vous jure que je vivrai vieille. Et je vivrai pour Vous.




Emilie Mourgues.
Photo 11 avril 2015 de Denise Alamillo

viernes, 17 de junio de 2016

El matrimonio igualitario sirve.

No hubiera imaginado jamas que el matrimonio gay nos iba a ayudar tanto.

 Lo hicimos por amor y por precariedad, las dos cosas iban de la mano y ni lo pensamos, fuimos a pedir derechos al Estado Frances. Nos los dieron gracias a la lucha de unxs cuantos. Nunca olvidare el nombre de Christiane Taubira. Esa mujercita negra que puso las manos en el fuego para nosotrxs, que fue agredida y discriminada como nadie por ello. Esa decendiente de esclavos que declamaba Aimé Césaire y Gontran Damas en el hemiciclo fascista frances.

 Empezamos una lucha cotidiana con la buracracia rudisima para poder obtener una carta de residencia a mi esposa. Citas en lugares inalcansables cumpliendo con requisitos muy dificiles. Lo logramos gracias a nuestra Bella Locura, a unos cuantos funccionarios rebeldes y a nuestros 4 ovarios. Hemos dejado de comer, hemos dejado de dormir. Nos hemos cagado de miedo en la clandestinidad. Nos hemos peleado, hemos discutido cuando no podiamos mas. sin embargo anio tras anio, renovan la carte de séjour de Denise. Un anio en paz. Cada vez. Con sus sellitos caros. Un anio de "sursis".

Esos dos ultimos anios, he perdido bastantes "amigos" cuya homofobia se expreso sin complejo. Reacciones increibles. Hoy nos atacan en mi trabajo. Agresiones verbales, acoso, situaciones de violencias irracionales. Me prestan un alojamiento en mi lugar de trabajo, mi esposa duerme conmigo. Una tipa no lo aguanta. Me humillia. Revienta mis nervios a diario. En la lucha tengo muy poco apoyo, la puta hierarquia no responde cuando lo tendria que hacer. Les tengo que recordar la ley, que aguarles por los huevos para que se pronuncien a nuestro favor y que hagan su puto trabajo. No tengo nada que perder. Me siento como un guerrerro iroqui atacando solo con su pobre hacha de geurra... lanzandose contra una pared.

 Sin el matrimonio, sacaban a mi puce. Sin la ley, me hubiera ido. Hubiera perdido mi trabajo.

He estado gritando con un chingo de feministas a lo largo de mi vida. Me he cagado en todos los Estados y en todas las intituciones. Milite por la abolicion del matrimonio en general. Hay que tener muchos privilegios para defender tal postura...

El matrimonio igualitario sirve. Si eres precaria sirve. Si eres sudaka sirve. Si eres vulnerable sirve. Si estas jodida sirve. Si te quieren muerta sirve.

Es un arma increible. Cuando estoy por derrumbarme frente a tantas discriminaciones, resulta que sigo en pie. Y es gracias a los derechos.


13 de junio del 2014 en Lyon France.

viernes, 3 de junio de 2016

Ils peuvent bien aller se faire enculer!

El Sur. Querido. Isimo.
Les gens arrivent par cargos à la recherche du soleil, de l'accent qu'ils moquent. Les plages se défendent. Le vent. Le Mistral. Mistral. Ils ne te connaissent pas, te méprisent souvent.
Moi je t'aime, parce que tu les remet à leur place. Tu les chasse et leur fait regretter leur grand Nord tout carré.

Souvent j'ai la sensation de vivre sur une Terre colonisée. Une Terre colonisée par les Cons qui débarquent en masse. Ceux qui me demandent "d'anticiper" les choses, d'admirer leur connerie, leur "musique" pourrie. Je les regarde. Je les vois tous les jours derrière mes lunettes épuisées. Les conversations vides. Le travail est épuisant. Pas en lui même, mais ce qu'on a fait du travail. Tous ensemble. Une Merde. Parce que cet "ensemble" est un mauvais pastiche qui ne supporte pas l'odeur transpirée d'une femme qui n'aime pas la testostérone du monde... et qui les emmerde.
Celle que la poésie a laissé fuir le temps de sa jeunesse. Un cadeau au néant, à son amour qui souffre des genoux. 
"Je te prie" dit la chanson. Rares sont les conscients, les aimants, les bienveillants, les libres, les sages, les sauvages, les fous. "les assoiffées d'Azur". Rares sont  les amis ici. "La route est longue, à perte de vue"  et je me repose sous les néons de zones comerciales quand l'Etat m'appelle au "garde à vous".

Dans ma mémoire je me souviens que le Monde existe.

Alors je m'en fous, je sais qu'il me reprendra par la taille et que je finirai dans une caravane pleine de musique avec des gens qui parle pas. Des gens qui disent, qui aiment, qui jouent, qui savent la beauté du silence. Je sais que je mourrai en riant, "le vent m'emportera".

J'aurais tous les gens qui vivent dans mon coeur.

Ceux qui vivent tellement  dans le temps qu'on dirait qu'ils sont hors de lui. ça, L'absence chez nous, c'est "être" chez les autres (estar). L'alcool se mêle à ma fatigue. J'ai l'impression de rêver au paradis.
Tout est magnifique, et tout est mort.

domingo, 10 de abril de 2016

Nuit d'Avril



Une des choses que j'aime le plus au monde, c'est marcher dans la nuit. Sentir son étreinte, le message des étoiles: "lave ton coeur". Retrouver cette euphorie d'enfant, ces sensations divines et simples, merveilleuses. Les jambes avancent, le souffle grandit, les yeux s'émerveillent. La lune accompagne ce qu'il faut pour y voir sans inonder les étoiles. L'odeur gonflée du jasmin, les chauves sourient malgré l'arrogance des voitures.


Noche de Abril

Una de las cosas que mas amo en la vida es caminar en la noche. Sentir su abrazo, el mensaje de las estrellas: "limpia tu corazon", la euforia de ninia por reencontrar esas sencasiones divinas y sencillas, fuertes, hermosas. Caminar es la libertad mas grande que conozco. El cuerpo y la Tierra, el amor entre olor a jazmin y murcielago.


jueves, 7 de abril de 2016

"Rue du Grand soleil" petite chronique à la préfecture




 Denise me dit souvent que l'activisme lui manque. Pourtant, entreprendre les démarches administratives pour qu'elle puisse vivre où bon lui semble et être chez elle avec moi ici , c'est une des luttes les plus dures, les plus acharnée, les plus belle que j'ai mené dans ma vie. On s'est lancée dans cette aventure sans y penser sachant que la folie était nécessaire à une telle entreprise.

Chaque rendez vous à la préfecture est une mission. Il nous faut nous rendre à Valence qui, quoique où nous sommes se trouve à au moins trois heures et demie de route en incluant l'autoroute. Il nous faut nous battre continuellement pour que notre vie cadre avec les cases de l 'Etat. Par exemple, nos lieux de travail ne sont pas les mêmes que notre adresse administrative. Allez faire comprendre à un fonctionnaire que vous travailler de temps en temps où il y a du travail quand il y en a. Ils ont du mal. Et que vous faites ça en étant mariées, bataillant avec vos employeurs, négociant à chaque début de contrat votre vie privée et intime. C'est à dire que vous n'êtes pas seule. Le capitalisme ne comprend pas la vie communautaire, même à deux. Alors prouver à l'Etat qu'on est deux, qu'on ne ment pas dans ces conditions, c'est un véritable jeu d'acrobaties.

La dernière fois qu'on est allées à la préfecture c'était pour renouveler la carte de séjour de Denise. Je travaille sur la presqu'île de Giens et elle à la station de ski la Toussuire. Je vous invite à taper sur google map, vous allez vous marrer. Michel, notre ami qui déclare nous héberger entre deux contrats de travail, entre deux voyages, s'est joint à nous puisque cette semaine là, avec la grève générale (que nous soutenons), la poste ne fonctionnait pas bien. Michel m'a rejoint en Avignon chez ma grand mère où on a passé la nuit, et au petit matin on a rejoint Denise à Valence. Il faut être là à 8h30 pour prendre le ticket qui permettra qu'on reçoive notre dossier entre 10h et midi. Inutile de vous dire qu'il y a du monde sur la corde à linge puisque la préfecture reçoit les candidats à une carte de séjour trois matinées par semaine. Cette semaine là on ne pouvait y aller que le mardi puisque le lundi était férié, le jeudi en grève générale.

Bref, à chaque fois j'ai des montées de sueurs, de stress incontrôlable dans cette salle d'attente où personne n'est bien. J'ai toujours l'impression qu'on va se faire refouler, qu'il faut biaiser pour se faire accepter par le système alors qu'on veut juste vivre ensemble, avoir un minimum de droits... Ce jour là, on a attendu deux heures, les toilettes étaient fermés à cause de vigipirate.C'était le premier jour de mes règles... La gamine qui s'occupait de nous nous a à peine regarder, elle chicanait sur les dates des documents qui doivent être datés de moins de trois mois alors qu'on a une facture edf annuelle par exemple, bah la facture annuelle ça marche pas pour la gamine. Alors je serre les timbres fiscaux à 120 euros entre mes doigts moites et je les range, les sors, les range pour qu'au final elle ne me les demande pas puisqu'il faut payer au retrait. Michel nous accompagne avec la gamine, lui non plus ça lui fait pas du bien l'administration, on a guère dormi, il tremble aussi et donne sa carte d'identité en guise de bonne foi. Parce qu'avoir des papiers français dans ce contexte, ça aide à faire avancer le dossier des autres, à prouver leur bonne foi, et plus on est mieux c'est. Une fois l'inspection du dossier terminé, Denise a eu son récépissé et on est parti, lui en voiture, moi en train, elle en voiture aussi vers nos trois destinations jusqu'à ce qu'ils la reconvoque pour venir chercher la carte.

Hier au soir, message de Michel : « la préfecture a écrit. Mon attestation d'hébergement n'est pas valide puisque la facture d'eau que je leur ai fournie a plus de 3 mois et l'adresse ne convient pas. » La facture date du mois de février, on est en avril, c'est vraiment des casses couilles ! Il faut dire que Michel nous héberge à Montbrun les bains, un bled de 400 habitants dont le cadastre de la mairie date au moins de la Révolution. C'est à dire que « rue du grand soleil » dans le cadastre de la mairie, bah ça n'existe pas. C'est « le grand soleil » ou « rue du beffroi » ou « rue de l'horloge », mais « rue du grand soleil » non. C'est con parce que tous nos papiers et notre adresse officielle c'est « rue du grand soleil » à Montbrun. Alors maintenant qu'EDF et que les factures d'eau sont informatisées, le service client ne peut pas changer l'adresse parce qu'ils ne peuvent sélectionner que les adresses que leur système informatique reconnaît, soit celles des cadastres, et leur système ne peut pas reconnaître une rue qui « n'existe pas ». J'appelle Michel qui est vachement perturbé, ça fait 30 ans qu'il vit « rue du grand soleil » ha ha ha ha ha !

Après quelques manifs auxquelles j'ai participé il y a des années, je me suis toujours éloignée de l’État et du pouvoir, j'ai dispatché mes adresses au quatre coins de France, pour que le jour où on entre en dictature, j'ai quelques jours d'avance pour quitter le pays par voies terrestres ou maritimes. J'ai jamais rien fait de grave à part gueuler un peu fort et croire qu'on peut destituer un gouvernement avec une manif pacifiste, mais les coups de bâtons m'ont rendu paranoïaque. Alors croyez moi, essayer d'avoir des papiers pour ma belle qui a quitté un pays dont les conflits armés sont parmi les trois plus sanglants du monde, c'est un vrai combat.

miércoles, 6 de abril de 2016

Après un an de travail salarié

 Paris , nuit debout #mars 2016
" Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien"
Jean Ferrat

Travailler depuis des mois et voir le désastre que ça crée entre les gens. Les mensonges, les trahisons, les égos qui se gonflent, les petits chefs mal placés... Les employés qui se victimisent, se transforment en serpillère pour avoir une prolongation de contrat, des murs un peu plus grands, une bagnole, un logement, des droits au chomdu. Les amitiés qui se défont, celles qui y survivront, celles qui n'y survivront pas...
Les gens qui auraient pu être des amis et qui ne le seront jamais. Ceux qui protègent leur petite place, ceux qui préservent leurs petits privilèges et qui ne sont en fin de compte, que des pions, des pantins tirant les ficelles d'intérêts plus grands, plus troubles, auxquels ils aspirent en secret - quand ils osent encore rêver. Et les laissés pour compte, les femmes, les vieux, les pauvres, les gentils, les cons, les bouzillés du système...

Les syndicats et leurs petites guéguerres, leurs intérêts qui nous dépassent souvent. Les syndicats quand il y en a. Mais aussi ceux qui y croient, les sincères, les vrais, les justes...les exceptions mis sur le carreau. Puis les opportunistes, les opportunistes encartés, par centaines bien au chaud sur le dos des autres à endormir la troupe avec de beaux discours, de beaux drapeaux tout neufs.... Ceux qui se gavent qui ne méritent pas plus d'une ligne. Les truands...

Il est vraiment temps de faire autre chose de notre temps. Vraiment. Je rêve d'un monde autogéré en coopératives, où le travail soit l'occasion de créer des relations saines autour d’œuvres communes, concrètes. D’œuvres communes qui ont un sens pour la communauté entière, qui servent à quelque chose de vrai, de réel. Qui servent littéralement un tout, un ensemble humain. Un travail, des travaux en commun. Où la responsabilité incombe à tous et à chacun, chacune de ceux et celles qui retroussent leurs manches. Travailler parce que ça fait sens et que ça nous fait vivre ensemble, pas travailler pour de l'argent ou pour sa petite place. Quelle arnaque...quelle connerie. L'esclavage moderne où tout est précaire, le temps, la vie, l'amour, le sexe, le repos, la santé, l'amitié. Là où la solidarité a déserté ne laissant place qu'à des alliances d'intérêts.

Il est temps. depuis longtemps, il est temps

miércoles, 27 de enero de 2016

la saison stationnaire

Les montagnes blanches sont devenues un gigantesques parc d'attraction. Les hippies du XXIème siècle sont des consommateurs dont l'esprit baigne dans des substances chimiques. La solidarité a laissé place à l'individualisme quotidien. La bouffe fait gonfler le ventre mais ne nourrit plus. Le machisme est toujours là, tapis dans les relations les plus bénignes.

ça fait deux ans bientôt que je suis revenue en France. Je m'y attendais franchement pas, mais vu la situation du monde, ça s'est fait tout seul.
Je me rends compte que ces 10 ans dehors m'ont mise à côté de la plaque. Le pays a drôlement changé. C'est peut être moi aussi.

Il y a quelque chose d'assez hallucinant: la conception que les gens ont de la liberté. C'est une conception complètement tronquée. Individuelle. C'est la solitude aussi. Une grosse arnaque.  Sous couvert de liberté, les gens sont égoïstes. On leur vend du plaisir à la pelle, comme si c'était un droit... Le plaisir ici est sensationnel. Evidemment il faut avoir de la thune: "rider", se défonser, sortir, voyager, consommer à mort. Penser qu'à sa gueule, ça se fait en groupe aussi.

Le tourisme ravage ce qu'il reste de sauvage. La montagne est complètement violée. Le capitalisme a rempli tous les espaces. Il n'y a plus moyen d'y échapper ici. C'est impossible, il a même gagné la tête des plus résistants, des plus cool.
Sous couvert de liberté, on trompe, on chie sur les autres, on justifie tout. On est solidaire quand on perd ses privilèges... le reste du temps, on s'en bat les couilles.

Le grand mythe de l'individu autonome qui prend du plaisir en payant, en profitant, en passant du bon temps sur le dos des pauvres et de la planète. Le pire, c'est que même aux pauvres, ça leur donne envie.

ça craint.