domingo, 10 de abril de 2016

Nuit d'Avril



Une des choses que j'aime le plus au monde, c'est marcher dans la nuit. Sentir son étreinte, le message des étoiles: "lave ton coeur". Retrouver cette euphorie d'enfant, ces sensations divines et simples, merveilleuses. Les jambes avancent, le souffle grandit, les yeux s'émerveillent. La lune accompagne ce qu'il faut pour y voir sans inonder les étoiles. L'odeur gonflée du jasmin, les chauves sourient malgré l'arrogance des voitures.


Noche de Abril

Una de las cosas que mas amo en la vida es caminar en la noche. Sentir su abrazo, el mensaje de las estrellas: "limpia tu corazon", la euforia de ninia por reencontrar esas sencasiones divinas y sencillas, fuertes, hermosas. Caminar es la libertad mas grande que conozco. El cuerpo y la Tierra, el amor entre olor a jazmin y murcielago.


jueves, 7 de abril de 2016

"Rue du Grand soleil" petite chronique à la préfecture




 Denise me dit souvent que l'activisme lui manque. Pourtant, entreprendre les démarches administratives pour qu'elle puisse vivre où bon lui semble et être chez elle avec moi ici , c'est une des luttes les plus dures, les plus acharnée, les plus belle que j'ai mené dans ma vie. On s'est lancée dans cette aventure sans y penser sachant que la folie était nécessaire à une telle entreprise.

Chaque rendez vous à la préfecture est une mission. Il nous faut nous rendre à Valence qui, quoique où nous sommes se trouve à au moins trois heures et demie de route en incluant l'autoroute. Il nous faut nous battre continuellement pour que notre vie cadre avec les cases de l 'Etat. Par exemple, nos lieux de travail ne sont pas les mêmes que notre adresse administrative. Allez faire comprendre à un fonctionnaire que vous travailler de temps en temps où il y a du travail quand il y en a. Ils ont du mal. Et que vous faites ça en étant mariées, bataillant avec vos employeurs, négociant à chaque début de contrat votre vie privée et intime. C'est à dire que vous n'êtes pas seule. Le capitalisme ne comprend pas la vie communautaire, même à deux. Alors prouver à l'Etat qu'on est deux, qu'on ne ment pas dans ces conditions, c'est un véritable jeu d'acrobaties.

La dernière fois qu'on est allées à la préfecture c'était pour renouveler la carte de séjour de Denise. Je travaille sur la presqu'île de Giens et elle à la station de ski la Toussuire. Je vous invite à taper sur google map, vous allez vous marrer. Michel, notre ami qui déclare nous héberger entre deux contrats de travail, entre deux voyages, s'est joint à nous puisque cette semaine là, avec la grève générale (que nous soutenons), la poste ne fonctionnait pas bien. Michel m'a rejoint en Avignon chez ma grand mère où on a passé la nuit, et au petit matin on a rejoint Denise à Valence. Il faut être là à 8h30 pour prendre le ticket qui permettra qu'on reçoive notre dossier entre 10h et midi. Inutile de vous dire qu'il y a du monde sur la corde à linge puisque la préfecture reçoit les candidats à une carte de séjour trois matinées par semaine. Cette semaine là on ne pouvait y aller que le mardi puisque le lundi était férié, le jeudi en grève générale.

Bref, à chaque fois j'ai des montées de sueurs, de stress incontrôlable dans cette salle d'attente où personne n'est bien. J'ai toujours l'impression qu'on va se faire refouler, qu'il faut biaiser pour se faire accepter par le système alors qu'on veut juste vivre ensemble, avoir un minimum de droits... Ce jour là, on a attendu deux heures, les toilettes étaient fermés à cause de vigipirate.C'était le premier jour de mes règles... La gamine qui s'occupait de nous nous a à peine regarder, elle chicanait sur les dates des documents qui doivent être datés de moins de trois mois alors qu'on a une facture edf annuelle par exemple, bah la facture annuelle ça marche pas pour la gamine. Alors je serre les timbres fiscaux à 120 euros entre mes doigts moites et je les range, les sors, les range pour qu'au final elle ne me les demande pas puisqu'il faut payer au retrait. Michel nous accompagne avec la gamine, lui non plus ça lui fait pas du bien l'administration, on a guère dormi, il tremble aussi et donne sa carte d'identité en guise de bonne foi. Parce qu'avoir des papiers français dans ce contexte, ça aide à faire avancer le dossier des autres, à prouver leur bonne foi, et plus on est mieux c'est. Une fois l'inspection du dossier terminé, Denise a eu son récépissé et on est parti, lui en voiture, moi en train, elle en voiture aussi vers nos trois destinations jusqu'à ce qu'ils la reconvoque pour venir chercher la carte.

Hier au soir, message de Michel : « la préfecture a écrit. Mon attestation d'hébergement n'est pas valide puisque la facture d'eau que je leur ai fournie a plus de 3 mois et l'adresse ne convient pas. » La facture date du mois de février, on est en avril, c'est vraiment des casses couilles ! Il faut dire que Michel nous héberge à Montbrun les bains, un bled de 400 habitants dont le cadastre de la mairie date au moins de la Révolution. C'est à dire que « rue du grand soleil » dans le cadastre de la mairie, bah ça n'existe pas. C'est « le grand soleil » ou « rue du beffroi » ou « rue de l'horloge », mais « rue du grand soleil » non. C'est con parce que tous nos papiers et notre adresse officielle c'est « rue du grand soleil » à Montbrun. Alors maintenant qu'EDF et que les factures d'eau sont informatisées, le service client ne peut pas changer l'adresse parce qu'ils ne peuvent sélectionner que les adresses que leur système informatique reconnaît, soit celles des cadastres, et leur système ne peut pas reconnaître une rue qui « n'existe pas ». J'appelle Michel qui est vachement perturbé, ça fait 30 ans qu'il vit « rue du grand soleil » ha ha ha ha ha !

Après quelques manifs auxquelles j'ai participé il y a des années, je me suis toujours éloignée de l’État et du pouvoir, j'ai dispatché mes adresses au quatre coins de France, pour que le jour où on entre en dictature, j'ai quelques jours d'avance pour quitter le pays par voies terrestres ou maritimes. J'ai jamais rien fait de grave à part gueuler un peu fort et croire qu'on peut destituer un gouvernement avec une manif pacifiste, mais les coups de bâtons m'ont rendu paranoïaque. Alors croyez moi, essayer d'avoir des papiers pour ma belle qui a quitté un pays dont les conflits armés sont parmi les trois plus sanglants du monde, c'est un vrai combat.

miércoles, 6 de abril de 2016

Après un an de travail salarié

 Paris , nuit debout #mars 2016
" Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien"
Jean Ferrat

Travailler depuis des mois et voir le désastre que ça crée entre les gens. Les mensonges, les trahisons, les égos qui se gonflent, les petits chefs mal placés... Les employés qui se victimisent, se transforment en serpillère pour avoir une prolongation de contrat, des murs un peu plus grands, une bagnole, un logement, des droits au chomdu. Les amitiés qui se défont, celles qui y survivront, celles qui n'y survivront pas...
Les gens qui auraient pu être des amis et qui ne le seront jamais. Ceux qui protègent leur petite place, ceux qui préservent leurs petits privilèges et qui ne sont en fin de compte, que des pions, des pantins tirant les ficelles d'intérêts plus grands, plus troubles, auxquels ils aspirent en secret - quand ils osent encore rêver. Et les laissés pour compte, les femmes, les vieux, les pauvres, les gentils, les cons, les bouzillés du système...

Les syndicats et leurs petites guéguerres, leurs intérêts qui nous dépassent souvent. Les syndicats quand il y en a. Mais aussi ceux qui y croient, les sincères, les vrais, les justes...les exceptions mis sur le carreau. Puis les opportunistes, les opportunistes encartés, par centaines bien au chaud sur le dos des autres à endormir la troupe avec de beaux discours, de beaux drapeaux tout neufs.... Ceux qui se gavent qui ne méritent pas plus d'une ligne. Les truands...

Il est vraiment temps de faire autre chose de notre temps. Vraiment. Je rêve d'un monde autogéré en coopératives, où le travail soit l'occasion de créer des relations saines autour d’œuvres communes, concrètes. D’œuvres communes qui ont un sens pour la communauté entière, qui servent à quelque chose de vrai, de réel. Qui servent littéralement un tout, un ensemble humain. Un travail, des travaux en commun. Où la responsabilité incombe à tous et à chacun, chacune de ceux et celles qui retroussent leurs manches. Travailler parce que ça fait sens et que ça nous fait vivre ensemble, pas travailler pour de l'argent ou pour sa petite place. Quelle arnaque...quelle connerie. L'esclavage moderne où tout est précaire, le temps, la vie, l'amour, le sexe, le repos, la santé, l'amitié. Là où la solidarité a déserté ne laissant place qu'à des alliances d'intérêts.

Il est temps. depuis longtemps, il est temps