martes, 11 de abril de 2017

Reportage "Les Cocus du Front"



On en parle peu, mais en deux ans, 400 élus sur 1 500 ont claqué la porte du FN. 
Adhésion et démission sont le lot de tous les partis, mais ce chiffre de 28% est considérable.
Pourquoi ces désillusions ? Les témoignages de ces « repentis » nous donnent une idée de l’ambiance qui règne derrière la charmante façade, ici à Brignoles dans le Var.
Un reportage de Sylvie COMA

Romain TARDIEU, ex conseiller municipal FN à Brignoles


lunes, 10 de abril de 2017

C'est quoi "la France"?


« La France n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv, a assuré la candidate du Front national (FN) à l’élection présidentielle, dimanche 9 avril, dans le cadre de l’émission « Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ». S’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas la France. La France a été malmenée dans les esprits depuis des années. On a appris à nos enfants qu’ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n’en voir les aspects historiques que les plus sombres. Je veux qu’ils soient à nouveau fiers d’être Français. »


On en entend de belles sur "la France" depuis quelques temps. Mais au fait, c'est quoi au juste "la France"? Ou plutôt, c'est qui?


J'ouvre un article du Monde sur la polémique d'une des Le Pen qui, comme à leur habitude, ont vite fait de lancer des phrases assassines, blessant les uns, confortant les autres dans leur nationalisme et leur connerie. J'ai entendu des centaines de fois: "faut arrêter de se flageller avec la colonisation et la collaboration, c'est du passé!". Mais, c'est quoi le passé au juste? C'est le passé de qui?


C'est pas ce qui nous constitue? Ce qui fait qu'un "nous" peut voir le jour? C'est pas ce qui fait qu'on peut avancer, réconcilier, nous réinventer? Exister?


 Et puis, un jour, un être proche a su que ma femme et moi on avait tenté une PMA à l'étranger. Il m'a gentiment conseiller d'aller demander des allocs à l'Etat mais de préciser que "j'avais eu une aventure lors d'un voyage" et que c'est comme ça que j'étais tomber enceinte. Je lui ai répondu que "ma femme et moi, on est une famille. Qu'ON essaie de faire un enfant qui aura des DROITS". Puis il m'a rétorqué "Tu ne peux pas imposer ça à "la France". Estomaquée... La phrase a résonné en moi pendant des jours.


"La France" clairement, c'était pas moi, en tout cas pas nous. "La France" était toujours blanche, hétérosexuelle, en bonne santé, de culture "judéo chrétienne"... "La France" serait donc pour moi, pour nous, pour ce gosse qui viendra certainement un jour au monde, un espace privé VIP auquel on aura pas véritablement accès. 


Pourtant la France c'est ma maison. Pas une maison qui se défini par la Nation, cette connerie inventée par des riches, défendue à coup de guerres et d'intérêts qui n'ont jamais convenus aux petites gens. La France c'est où j'ai appris à marcher et à m'envoler. C'est où j'ai appris Georges Brassens, Jean Ferrat, Victor Hugo, Paul Verlaine, Louise Michel, Olympe de Gouges, Jean Moulin, Arthur Rimbaud et les autres. J'ai aussi appris à écouter Aimé Césaire, Christiane Taubira, Frantz Fanon, Leopold Sedar Sengor, et les autres. 
 Dans "l'esclavage raconté à ma fille, Christiane Taubira écrit que l'histoire de la colonisation est notre histoire commune. Les uns étaient dans les cales, les autres sur le pont mais tous étaient sur le même bateau. Affirmer que ce n'est pas "la France" qui a raflé 13000 personnes au Vel d'Hiv qui ont étées livrées puis assassinées à Auswitch, c'est comme dire que Napoléon, c'est pas "la France" quand il a rétabli l'esclavage en remettant à l'ordre du jour le Code Noir. C'est une honte pour toutes les victimes de l'esclavage et du nazisme d'état ou pas.

Ce pays sera toujours pour moi lié aux Autres. Et les Autres ce sont les descendants d'esclaves, les gens qui n'ont pas la même sexualité que mes parents, ceux et celles qui passent par ici parce que chez eux y'a la guerre et qu'il faut se bouger le cul, c'est ma femme, c'est mon voisin, son chien, ses chats et les oiseaux dans le cerisiers. Les abeilles qu'on flingue et tous ceux qui rêvent encore. 


Les Autres c'est moi. Et de Pétain à Fatou Diome, on est sur le même bateau.







L'article du Monde: http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/10/marine-le-pen-choque-en-declarant-que-la-france-n-est-pas-responsable-de-la-rafle-du-vel-d-hiv_5108622_4854003.html

lunes, 27 de marzo de 2017

Le retour

Le retour (éternelle énigme). Le retour sera toujours cette montagne blanche et bleue, l'air lumineux d'un village oublié. Les mois ont passé, la poussière s'est installée. Et pourtant les amis, la famille, les proches. C'est l'amour qui fait qu'on revient. Ici et là.


Les mois ont passé, les inquiétudes du Temps Mauvais ont gagné du terrain, de partout. Et pourtant, pourtant, les cheveux grisonnent, les livres parlent et la Lumière appelle.

*************************

Dans mon ventre,
les graines sont semées,
 elles n'ont pas germé,
mais...

Le semeur est passé,
 il a tout oublié
faisant le chemin
d'un geste de la main
(tel le Petit Pousset)

Dans la nuit de ce pays
je crie: "Vinceeeeent"
Le Fou
s'est coupé l'oreille
un soir d'orage
amoureux

Il a tout oublié
un soir dePleine Lune
et mon ventre Lumière rit
Il sait que
Demain
ça existe


(la Lumière de Van Gogh)


Merci
Merci à tous, à toutes d'être toujours là.

viernes, 10 de marzo de 2017

There is no place to hate


Caffé Dante. Greenwich Village.

Le rock rappelle le bon vieux temps aux nostalgiques. Sur les traces de Patti Smith, Jimi Hendrix fait vibrer les vitres du vieux café d'écrivains.

Le paysage manhattanesque est incroyable. La beauté des lignes témoigne du délire d'architectes géniaux. L'ego des hommes reflétant un ciel océan. Le cœur de l'Empire est d'une beauté déroutante, incroyablement fascinant. Ça en jette Plein les yeux. 

Les new yorkais sont adorables. Ils prennent soin les uns des autres et ça fait du bien. Perdues entre les ponts et les voitures, une vieille femme nous a aidé. Sur son manteau un pins près du cœur: "There si no place to hate."

Brooklyn fait penser à un Belleville gigantesque! C'est un quartier Noir aux airs de Black Panthers. Les blancs sont en fait des latinos. Il n'y a pas un caucasien. La pauvreté reste l'apanage des gens de couleurs. Plus on se rapproche de Manhattan, plus les visages s'éclaircissent, les prix augmentent à mesure que grandissent les buildings. Jusqu'à ce qu'il n'y ait pratiquement plus de Noirs sous les écrans de Time Square.


jueves, 9 de marzo de 2017

Nueva York

Les oiseaux chantent et New York se réveille. L'Afrique est passé par là, et vraiment, c'est cooooool.
A cinq heure du matin, les blancs ne travaillent pas encore. On traverse le Queens avec notre chauffeur équatorien, au loin brillent les buildings dorés de Manhattan. Les maisons sont des maisons, les rues sont des rues. La tranquillité du premier monde relâche nos corps.

miércoles, 1 de marzo de 2017

Du vide et du plein

La plénitude dans l'amour donne parfois envie de s'étendre, de se répandre et de donner la vie. Je me suis faite inséminée dans une clinique à Mexico. C'était vraiment beau... Le frère de Denise nous a offert sa semence avec amour, Patricia la gynécologue et son assistante ont été adorables. Même le directeur est venu assister à l'événement. Toute l'équipe était émue. On a essayer de faire un enfant tous ensemble.
On a vu le liquide rentrer dans l'utérus et mon corps à tout fait pour garder le précieux liquide.
Ça n'a pas marché. Mes ovaires n'ovulent que rarement: ovarios poliquisticos...

C'était difficile de ressentir autant de vide dans cette plénitude amoureuse. Les orientaux ont compris depuis longtemps qu'il n'y a de plein sans vide et de vide sans plein...

C'était tout de même une très belle expérience. Quand la science sert l'amour et la vie, la magie dépasse tout ce qu'on peut imaginer.

martes, 24 de enero de 2017

L'injustice de l'exil

La grande découverte de cette escapade se nomme Dany Laferrière. Traversant la jungle de Veracruz et ses richesses luxuriantes, je l'imagine sous le froid polaire de Montréal , ses souvenirs d'enfance brûlant ses paupières endormies

Je revois alors ce gamin sur les rails au milieu de nulle part. Sa peau noire et vulnérable sous le soleil désertique qui mène aux États Unis. Il avait 12 ans tout au plus. Il avait l'air panique et criait aux voitures en tremblant, désespéré :" por favor danme pan!! no tienes agua?" A ce moment là je n'avais rien. Je l'ai cherché au retour avec mon sac de pain. Il avait disparu , on a donné le pain à un autre homme, noir aussi. 

Alors je lis Dany et je pense à Haïti . A ma rencontre avec ce gamin à la croisées des chemins de l'inégalité . A l'injustice de l'exil. Et je sens ce que c'est d'être blanc. Et j'imagine ce que c'est qu'être noir.

lunes, 19 de diciembre de 2016

Taxi1

Tous les jours on monte dans des taxis pour aller au métro le plus proche de l'unidad cuitlahuac. Ca me rappelle mes voyages en stop. On sait jamais avec qui o monte et les chauffeurs ne savent jamais qui ils emmènent à travers une des ville les plus grande et dangereuses du monde.

Le premier taxiste qui m'a donné envie d'écrire était très existé. Un eucalyptus venait de tombait sous les coups du vent, arrachant les câbles électriques d'un poteau, les fils dansaient sur le bitume en faisant des étincelles.
Arbre venait d'écraser l'avant du taxi d'un collègue à lui, soulevant l'arrière du véhicule du sol. La rue était bloquée et ça klaxonnait à des kilomètres de l'accident.

 " heureusement, il n'avait pas de client mais vous vous imaginez! Ces arbres sont dangereux! Si jamais vous êtes en voiture et que vous passez près d'un eucaliptus, ne vous arrêtez pas! C'est pas la première fois que à arrive!"


miércoles, 14 de diciembre de 2016

martes, 13 de diciembre de 2016

Punta Lobos

L'espace sublime des cétacés et de leur migration. Le souffle des baleines est inégalable. Deux bateaux de pêche à l'horizon. Entre eux, de temps en temps, les jets alternés de la respiration des baleines. Sur la plage, des petits groupes de trois personnes pêchent à la ligne sans cane. Derriere eux un hôtel en construction rejette de l'eau sur le sable. Je m'approche:

" -Bonjour messieurs, ça mord?
- Oui regarde, ils sont gros!
Sur le sol, des cadavres de crevettes qui ont servi d'appât.
- Vous savez si quelqu'un peut nous amener en lancha près des baleines?
- Biensûr, mais pas avant une heure mon collègue est à Todos Santos, il est de la coopérative.
- Ça coûte combien?
- C'est les prix de la coopérative, tu verras avec lui. Mais regarde, y'a deux bateaux qui vont rentrer. Demande leur, ils sont aussi de la coopérative, parce que c'est mon bateau là sur la plage, mais mon collègue va tarder.

En effet, le pilote prend son élan et débarque deux touristes allemandes de notre âge. Le visage brûlé et heureux, elles remercient chaleureusement les hommes et se prennent en photo avec eux.  Ils discutent pour savoir qui va nous emmener au large. Certains sont pressés d'aller pêcher. Ils veulent nous emmener deux heures, 50 dollars de l'heure à deux parce qu'ils doivent reverser une part à la coopérative. On négocie un passage d'une heure, ça arrange tout le monde.
Lobos marinos

L'horizon est vierge, des familles de pélicans sont maîtres d'un rocher, plus loin ce sont des lobos marinos, une espèce d'otaries. Le plus cool des animaux! Ils se prélassent au soleil et plongent dès qu'ils sont secs. Ils nous font beaucoup rire, ce sont de grands joueurs! Le plus gros mâle fait le beau et fait des acrobaties pour nous séduire.

 On avance. Quelques plages se dessinent sur le rivage. Le sable, une forêt de palmiers et en arrière plan la Sierra. C'est sublime. On voit respirer une baleine! On s'approche encore un peu, elle plonge. On la suit. Elles sont deux! Leur peau luisante est sombre, elles gardent le rythme. Je suis très étonnée de voir qu'elles nous laissent nous approcher autant.

Une baleine¡
 La nature est si puissante. Les étendues sauvages de l'Amérique sont inimaginables pour un européen. La Vie est partout! La richesse de la Planète donnent tout ce dont les êtres vivants avons besoin. On peut tous très bien vivre sur la Terre: animaux, plantes et humains. Tout est là en abondance... Quand on ne le détruit pas.

Soixante pêcheurs sont organisés à  Todos Santos. Ils vivent essentiellement de la Mer. C'est une communauté de 250 à 300 personnes en comptant la famille. Ils sont là "depuis 100 ans!", me dit Don Eugenio. Je suppose qu'ils sont là depuis toujours.
Hotel en construction

Les allemands sont arrivés pour construire cet hotel 5 étoiles et privatiser la plage. La Banhaus apparement. Les pêcheurs ont refusé toutes leurs offres de dédommagement, la police mexicaine est venu et les a frappé. Un avocat les aide gracieusement. L'argent du projet vient aussi des USA: l'université du Colorado finance l'hôtel resort des allemands. Le gouverneur du coin leur a vendu le projet alors que les habitants sont contre. 


Eugenio, un des pêcheurs déjà bien marqué par la vie nous dit:

"Quand ils prennent l'eau, y'en a plus au village. Ils ont emmené des pierres de la sierra pour la construction, et ils jettent l'eau pour humidifier leur dune artificielle. Nous on résiste, on n'acceptera pas d'argent! Une fois qu'on l'aura depenseŕ qu'est ce qu'il nous restera? Les gens partiront il videront le village! Ils peuvent pas construire ici, quand la mer monte elle monte jusque ici! Quand il y a des ouragans, c'est pire! On a besoin de l'entrée à la mer pour vivre. A san jose, l'accès à la plage est payant. On peut plus pêcher la bas."
Don Eugenio, Denise et Don Bruno.

Denise est outrée. Elle leur a laissé le contact du Barrio Antiguo au cas ou ils auraient besoin d'un espace de diffusion, le journal leur ouvre ses pages digitales!

"-Mais c'est illégal! C'est le territoire national ça ne doit pas être privatisé," s'écrit elle.


L'économie et la vie de 300 personnes dépendent de l'accès à la plage de Punta Lobo. Nous insistons sur l'importance de diffuser les expropriation des pêcheurs et paysans du Mexique par des puissances immobilières occidentales. 

Peut être que ça leur fera plus Honte chez eux qu'ici. En Allemagne ils n'ont pas le droit de faire ce qu'ils font ici!

Partout ou nous allons nous voyons la même chose. De grands complexes hôteliers en construction. Vides. De grands murs marquent de nouvelles frontières entre eux et les villages de pêcheurs. Tous, absolument tous, sont étrangers. Ceux qui entretiennent les lieux et servent les touristes sont mexicains, une main d'œuvre exploitée. 

Les gens d'ici se fichent de l'argent. Ils veulent continuer à vivre en paix, chez eux. Leur respect pour la Mer est immense.
L-acrobate

Les migrations de baleines, de dauphins et autres mammifères marins passent toujours ici, et elles passent près des cotes parce que les habitants des terres les aiment et les respectent. L'impact environnemental des pêcheurs est minime. La Nature est généreuse, ils pêchent le minimum. Leurs familles sont grandes parce qu'ils peuvent les nourrir. Il y a de l'espace pour tout le monde.

 Monsieur Pelican

Il peut y avoir du tourisme et du passage autrement. On peut transiter par le monde sans tout casser, sans s'approprier des terres et des eaux. On peut se rencontrer, partager, participer aux revenus de familles locales dans des endroits magnifiques où l'être humain n'est qu'un être parmi les autres. On peut vivre sur terre sans asservir les autres.

 Il suffit de croiser le chemin d'une baleine pour se rendre compte que la Vie est d'une simplicité à couper le souffle, que la Terre est notre Mère à tous et que notre devoir le plus élémentaire, c'est de la laisser faire, de la respecter!

 Une des plus belle rencontre de ma vie¡
Respect ma soeur, bonne route a toi