miércoles, 30 de noviembre de 2016

Les Vacances

La douce et âpre odeur de goyave et de mangue m'a enveloppée en entrant chez Jesus et Maggie. Les vacances. Dormir, se faire chouchouter, chanter, écouter les contes et histoires entre deux repas, faire des sudokus.
La vie est douce à Azcapotzalco. La lumière incroyable perce le smog inégalable de la Ciudad de Mexico. Les heures tournent et embarquent la ville et ses 30 millions d'habitants. Moi, je la regarde vivre et s'agiter depuis le deuxième étage de l'unidad.
"Agua bonafonnnt" c'est le marchand de bombonnes d'eau potable. Les marchands offrent leurs services dans la rue et passent d'immeuble en immeuble toute la journée. Mes préfèrés sont passés hier, ils passent deux fois par semaine. Un homme joue de la trompette, l'autre a un petit tambour, une femme au saxophone, l'autre court sous les fenêtres ramasser les pièces et billets des voisins.
J'ai toujours l'air de débarquer dans ce pays, alors j'applaudis les artistes en hurlant par la fenêtres "BRAVO". Le gars me sourit de toute sa beauté édentée. La fanfare continue et bercera ma sieste une bonne partie de l'après midi.
Vive les musiciens de tous les pays. Longue vie aux vagabonds et aux instrumentistes. Vive la débrouillardise des pauvres de ce monde.




domingo, 27 de noviembre de 2016

La Nouvelle, petite réflexion sur la dictature

Fidel est mort. Ça cinglé dans la chambre. Les traits se dont affaissés. La nouvelle s'est propagée dans la rue. Elle s'est installée partout.
Les réactions se sont enchaînées sur les réseaux sociaux: l'inquiétude et la tristesse de tout un continent. Très peu de gens soulagés ou allègres comme on aurait pu le croire.

Quelques heures plus tard, notre Avion décollait direction Mexico. Sur les compartiments des bagages, des photos de Cuba: "venez découvrir la nature et la joie authentique." "Venez vivre l'aventure!". Sur les photos vendant les paysages, les Cubains sont absents. Sur le dos du siège de ma voisine, la publicité d'une clinique privée à la Havane: "Tu rêves de santé? Viens à Cuba, c'est la santé pour tous".



En arrivant, notre taxiste avait mis la radio: une émission cubaine avec de la salsa. C'est pas la musique la plus populaire du Mexique. Quand on lui a demandé ce qu'il pensait de la mort de Castro: " il avait 90 ans c'est normal! Des cubains sont très tristes, d'autres font la fête à Miami, c'est pas bien de se réjouir de la mort mais ils ont leurs raisons. Les cubains ne pouvaient pas sortir de l'île, c'est pas juste. Mais il leur a donné la santé l'éducation et le logement. Moi j'ai vécu aux États Unis, j'ai pas aimé je suis rentré au pays mais j'ai de la famille làs bas, ils sont citoyens américains, ils ne souffrent plus."



La conversation est intéressante, le gars est sympathique. Je divague dans les embouteillages et je pense: Combien de latino américain peuvent sortir de leurs pays? Pourquoi d'un côté en Europe on craint ceux qu'on appelle "les migrants" et certains trouvent que Trump à raison de construire un mur, et de l'autre les mêmes s'insurgent de ce que les Cubains ne pouvaient pas sortir de Cuba à cause d'un dictateur. 
Combien de gens meurent de faim en Amérique Latine à cause des USA et du capitalisme? Combien de coups d'états ont ils mené sur ce continent qui n'ont jamais été dénoncé dans mon pays par ceux qui ont craché sur la dictature de Castro sans jamais relevé les avancées sociales dues à la Révolution cubaine? C'est pas de la dictature ça?



Ils ont flingué Allende, essayer de descendre Castro plus de 600 fois. 600 fois...  Ils ont flingué les Panaméens, les Nicaraguenses. Ils ont fait disparaître et torturer des centaines de milliers de personnes de la Terre de Feu jusqu'à leur maudite frontière en pillant tous les pays, en installant des bordels partout où ils ont pû.


Ces dix dernières années ils ont fait un coup d'état au Honduras, au Paraguay, ils ont essayé de descendre Morales en Bolivie, Chávez á maintes reprises, appuyé le coup d'état contre Dilma au Brésil. Pourquoi? Parce qu'ils voulaient tous leur Indépendance économique et politique et qu'ils se sont organisés. Ils ont enlevé les frontières entre leurs pays. Des pauvres ont pu voyagé dans pratiquement tout le Cône Sud de l'Amerique! Ils ont créé leur banque et on commencé à respirer. C'est à dire arrêter de se faire dépouiller et connaître un minimum de démocratie.



En Europe, personne n'en a parlé sauf pour se moquer. Sauf pour dénigrer les rêves et les avancées sociales de dizaines de millions de pauvres. Et tout le monde s'est bien gavé: pétrole, uranium, cuivre, or, argent, nourriture. Ils se sont bien gavés, sauf à Cuba.



Les multinationales ont brisé tout ce qu'elles ont pu, les mouvements sociaux indigènes continuent de se faire massacrer. Et ça, c'est faute des États Unis. Ceux là mêmes qui votent Trump. Cette mentalité raciste et impérialiste. Dix ans après l'arrivée de Chavez au pouvoir - et Ça c'est grâce à Cuba et à Castro-, la CIA continu de faire son boulot au Mexique, au Pérou, au Brésil, en Argentine et à déstabiliser tout le continent.



Ce que veulent les Nord Américains, c'est être Les Américains. Ils veulent être les propriétaires du continent du pôle Nord au pôle Sud. Ils veulent tout et gratuit. Ils veulent continuer à se de defonser  à la cocaïne sur le dos des pauvres. À s'éclater dans des ressorts type Cancun où les habitants vivent de leurs pourboires. Corrompre tous les gouvernements pour faire ce qu'ils veulent et se garantir une main d'œuvre esclavisée, du pétrole à gogo.



Aujourd'hui dans mon pays la France, des gens se lèvent et vont donner 2 euros à un parti richissime pour voter pour un liberal qui veut enlever les impôts pour les grandes fortunes et flinguer la sécurité sociale. Ce droit à la Vie mis en place par es communistes à la fin de la guerre contre les nazis. L'espérance de vie en France est passé de 45 à plus de 70 ans Grace à la sécu. Je suis sûre que chez les électeurs de Fillon, y'a des gens qui s'insurgent de la dictature castriste et qui détestaient Chavez.
Combien de gens vont crever de maladies si ce connard gagne le pouvoir?



Ce qui me fascine, c'est que des gens de la classe moyenne française s'identifient plus à un Fillon, un Sarko, une Le Pen qu'à un médecin cubain ou un paysan guatémaltèque. Je comprends pas. Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible qu'on voit son voisin comme un assisté alors qu'on a tous et toutes besoin des services publics. Sauf les hommes politiques.



Castro n'était pas un ange. Beaucoup de cubains ont souffert de sa dictature. Mais il a résisté à un monstre. Cuba a été l'espoir de centaines de millions de gens qui ont senti que grace à cette résistance à tout prix, ils pourraient un jour vivre libres et sortir de la misère. Je suis allée à Cuba, je connais le Mexique, l'Argentine, le Pérou, la Bolivie, le Chili. 
La Révolution cubaine à donné aux Cubains ce que personne ne connaît dans l'Amérique Latine que je connais (sauf dans l'argentine de Kirchner et la Bolivie de Morales, tous deux très proches de Cuba): LA DIGNITÉ.

sábado, 26 de noviembre de 2016

Bye bye Cancun

Il est temps de quitter la luxuriante végétation de la rue bacalar de Cancun, ses chants d'oiseaux tropicaux et sa lumière dorée. 

Les corps s'habituant aux bactéries du coin, on a décidé aujourd'hui de se reposer. Denise m'a fait découvrir un film mexicain merveilleux des années 60 : "Macario". Le scénario est de Bruno Traven, un allemand qui a passé du temps au Mexique et dont Jesus, mon beau père, m'a beaucoup parlé.
 Macario est très pauvre, il n'a jamais eu en sa possession qu'une seule chose: la faim, et il a un rêve: manger une pintade à lui tout seul sans devoir la partager avec personne, pour une fois dans sa vie. Il va rencontrer le Diable, Dieu, et la Mort -ces trois entités indissociables du Mexique- avec qui il va passer un pacte malgré lui. 

Je crois que parfois, venir d'ailleurs, ça permet de comprendre les fonctionnement d'une culture et d'une société différente de manière tellement brutale que ça peut surpasser l'entendement des gens de cette même culture. Bien sûr ça n'est pas donné à tout le monde, ça nécessite un sacré talent! Et le beau père à raison, Traven excelle.

Le lien du film : https://m.youtube.com/watch?v=f-0QWddgPMc

On a ensuite visionné un documentaire autobiographique de l'économiste devenu photoreporter brésilien Sebastião Salgado intitulé "Le Sel de la Terre". Fort. Puissant. Poétique. Humain. Désespéré. Ethnographique. Puis le retour sublime de la Vie. Le recommencement. Genesis.

Le Sel de la Terre est un des plus beau documentaire que j'ai vu dans ma vie. Le voyageur, l'homme, l'explorateur, l'exilé, l'humain, le révolté, le témoin et l'acteur se joignent et nous lègue un document immense. C'est le travail de toute une vie et de celle de sa femme et de ses deux fils.
 La difficulté de retranscrire ce monde, ses paradoxes, ses horreurs, sa beauté. Sebastião a une sensibilité incroyablement poétique. Un sacré voyage au cœur de l'humanité. Un voyage en Noir et Blanc.

Sebastião Salgado et sa femme à leur retour au Brésil.

viernes, 25 de noviembre de 2016

Esto es México

  Arriver à Cancun c'est comme arriver nulle part. Les Parks hôteliers ont renversé les palmiers, 25 000 000 de touristes par an s'agglutinent sur les plages et déversent leurs dollars dans des gros complexes nord américains ou quataris. Les mexicains sont la pour les servir. Servirles es un privilegio: vous servir est un privilège. C'est peint sur la façade d'une petite boutique excentrée. Du haut du ciel la jungle, dense et sauvage s'étend sur toute la péninsule yucatèque. De temps en temps un crocodile sort de la lagune nichupte et croque un nageur bourré ou un joueur de golf 5 étoiles. Quelques jours après notre arrivée eilier nous a emmené au cruzero en voiture avec les beaux parents. "Esto es Mexico!" S'est exclamée magui! Les rues inondées par les eaux troubles du passé. Les odeurs de cloaques, les vendeurs à la sauvette, les prostituées de pauvres, la fourmilière chaude et poisseuse du sud mexicain me tendait une fois de plus les bras à deux pas des resort de luxe.  On a construit la ville sur des mangroves, celles la mêmes qui protègent des ouragans. 
La voiture fonçait au milieu de toute la vie du tiers monde et je ne pouvais m'empêcher de penser: quelle monde de merde! Quelle sale époque! Et de me demander si on y verra un jour le bout? Maggie m'a regardé dans le rétroviseur et m'a dit: " moi je préfère être avec les pauvres, les autres sont trop difficiles à vivre."
Bienvenida Mi hija.

miércoles, 2 de noviembre de 2016

viernes, 21 de octubre de 2016

Au bout du monde

Un autre bout du monde, terre abrupte fouettée par l'Ocean. 

Nuit abandonnée aux cloches des chèvres, aux vents d'antan. Regards pudiques et gentillesse des hommes, rires et bienveillance des femmes. Les jeunes ont pris la fuite, laissant les vieux travailler la Terre, pêcher du haut des falaises. 


Obrigada. A vida e bela





miércoles, 7 de septiembre de 2016

L'enfer, le Silence

"Sartre affirme que l'enfer c'est les autres. La phrase est brillante mais je crois qu'elle reflète plus un état d'âme qu'une vérité universelle. Je veux bien admettre que les autres peuvent nous rendre la vie insupportable... mais ils peuvent aussi être nos compagnons de paradis. Pour moi, l'enfer, c'est le néant. Un endroit sans mes amis, sans musique, sans paroles qui stimulent l'imagination, sans beauté qui exalte les sens."

Juan Diaz Canale

viernes, 22 de julio de 2016

Nice

Les victimes de Nice ont toute mon affection, toute ma compassion. Leurs familles et leurs amis aussi.

J'aimerais dire aux terroristes que je les condamne à l'oubli. Je vous boycotte. Je ne veux rien savoir de vous. Ni votre nom. Ni votre visage. Ni votre histoire. A tous les psychopathes qui se révèlent grâces aux velléités d'une organisation mortifère, colonisatrice, opportuniste et mafieuse; il y a assez de force dans l'Univers pour que vous pourrissiez dans la fosse commune de l'Oubli. Vous n'obtiendrez de moi que le Silence. Vous n'aurez Rien. Rien d'autre.

Après chaque assassinat massif, après chaque "attentat", j'irai aux Musées, j'irai aux concerts, je serai près des gens, je chanterai le soir venu. Je ne vous offrirai pas une minute. La Vie gagnera. Elle gagne toujours.

Vous les médias, vous qui vous accordez le nom de journalistes, vous qui mangez sur des cadavres. Vous êtes coupables aussi. Vous ne respectez rien, vous les Charognards. Vous ne valez guère mieux.

Quant à vous les gominés, vous les gouvernements, vous les "Présidents", vous les "politiques", vous les guerriers. Vous les Assassins du monde. Ne me demandez plus rien. Tout est de votre faute. La Misère et les Guerres c'est Vous, les Morts c'est Nous. Allez donc rejoindre les premiers!

Je ne vous haie point. Je vous nie, je vous bannis de mon Humanité, de mon espèce et de mes morts.

Vous les petits, vous les fantômes, vous les Enfants, vous les assassinés, vous les disparus. Je vous jure que je vivrai vieille. Et je vivrai pour Vous.




Emilie Mourgues.
Photo 11 avril 2015 de Denise Alamillo

viernes, 17 de junio de 2016

El matrimonio igualitario sirve.

No hubiera imaginado jamas que el matrimonio gay nos iba a ayudar tanto.

 Lo hicimos por amor y por precariedad, las dos cosas iban de la mano y ni lo pensamos, fuimos a pedir derechos al Estado Frances. Nos los dieron gracias a la lucha de unxs cuantos. Nunca olvidare el nombre de Christiane Taubira. Esa mujercita negra que puso las manos en el fuego para nosotrxs, que fue agredida y discriminada como nadie por ello. Esa decendiente de esclavos que declamaba Aimé Césaire y Gontran Damas en el hemiciclo fascista frances.

 Empezamos una lucha cotidiana con la buracracia rudisima para poder obtener una carta de residencia a mi esposa. Citas en lugares inalcansables cumpliendo con requisitos muy dificiles. Lo logramos gracias a nuestra Bella Locura, a unos cuantos funccionarios rebeldes y a nuestros 4 ovarios. Hemos dejado de comer, hemos dejado de dormir. Nos hemos cagado de miedo en la clandestinidad. Nos hemos peleado, hemos discutido cuando no podiamos mas. sin embargo anio tras anio, renovan la carte de séjour de Denise. Un anio en paz. Cada vez. Con sus sellitos caros. Un anio de "sursis".

Esos dos ultimos anios, he perdido bastantes "amigos" cuya homofobia se expreso sin complejo. Reacciones increibles. Hoy nos atacan en mi trabajo. Agresiones verbales, acoso, situaciones de violencias irracionales. Me prestan un alojamiento en mi lugar de trabajo, mi esposa duerme conmigo. Una tipa no lo aguanta. Me humillia. Revienta mis nervios a diario. En la lucha tengo muy poco apoyo, la puta hierarquia no responde cuando lo tendria que hacer. Les tengo que recordar la ley, que aguarles por los huevos para que se pronuncien a nuestro favor y que hagan su puto trabajo. No tengo nada que perder. Me siento como un guerrerro iroqui atacando solo con su pobre hacha de geurra... lanzandose contra una pared.

 Sin el matrimonio, sacaban a mi puce. Sin la ley, me hubiera ido. Hubiera perdido mi trabajo.

He estado gritando con un chingo de feministas a lo largo de mi vida. Me he cagado en todos los Estados y en todas las intituciones. Milite por la abolicion del matrimonio en general. Hay que tener muchos privilegios para defender tal postura...

El matrimonio igualitario sirve. Si eres precaria sirve. Si eres sudaka sirve. Si eres vulnerable sirve. Si estas jodida sirve. Si te quieren muerta sirve.

Es un arma increible. Cuando estoy por derrumbarme frente a tantas discriminaciones, resulta que sigo en pie. Y es gracias a los derechos.


13 de junio del 2014 en Lyon France.