martes, 30 de octubre de 2018

Soleil cherche futur

Je bois du vin dans mon lit en écoutant le plus grand poète de ce pays encore vivant et je crie de rage et de larmes :SOLEIIIIL, SOLEIIIIL. Le monde est en friche, les fachos gagnent l'Amazonie et en for intérieur, je placarde des bombes, je tire tout ce qui bouge, les Marine, les Salvini, les Trump, les Bolsosamère, je cracherai sur vos tombes (comme disait l'Autre)

miércoles, 19 de septiembre de 2018

Libre - Cédric Herrou


Les cris de nuit ont disparu.
Les faisceaux lumineux violant la douceur de la nuit ont disparu aussi.
La chasse à l’Homme est terminée. Les gendarmes s’ennuient, ils se demandent à quoi ils servent. Le teint dépressif, ils sont assis là, nuit et jour, à regarder dans le vide, à observer aux jumelles mes poules à la recherche d’un vers ou, par manque de sauterelles, un brin d’herbe épargné par la chaleur de l’été.
Tchen le gros chien noir a cessé d’aboyer. Elle aussi est triste. La nuit est calme comme avant, l’avant-tourmente, l’avant quand tout était normal. Plus de gamins arrivant comme le vent sans prévenir, après des mois voire des années d’errance entre guerres, mers et déserts. Je n’ai plus de regards venant d’Afrique étincelés par la volonté de vivre. La sensation de réconfort de les savoir arrivés chez moi sains et saufs a disparu. Le plaisir que ces gamins aient réussi à déjouer comme un jeux d’enfant les contrôles policiers, les caméras infra-rouges, les militaires, la Méditerranée.
Ils étaient pour l’Europe bien trop proches. Ici, chez nous, sur nos terres, il était facile de dénoncer, d’humaniser ces flux, ces flots, ces migrants, ces personnes. Il était facile de donner un prénom, un sourire ; il était facile de se battre pour eux, avec eux, grâce à eux.
Le tour est bien joué, plus besoin de sévir à Vintimille, à Menton ou ici dans ma vallée.
Le flux, les flots, les sourires, les yeux étincelants d’avenir resteront loin. Les larmes salées sont désormais leur univers. Je les imagine calmes sans bouger, le regard profond, cherchant le fond. Là-bas plus de sens, plus d’envers ni d’endroit, plus de haut ni de bas. Là-bas plus de larmes, plus de guerre, plus de torture, là-bas tout est calme.
L’Europe aura trouvé la solution ; loin des yeux, loin du cœur. Le flux restera au milieu des flots. La mer étouffera peut-être notre silence. Ma mer, celle de mes frères Italiens, Tunisiens, Portugais ou Marocains n’aura plus jamais la même odeur. Je suis né proche d’elle, j’ai grandi avec elle, maintenant quand je la goûte elle a le goût des larmes, je ne sais pas si c‘est elle qui pleure ou bien si c’est moi, ou alors est-ce les larmes de ses nouveaux enfants morts dans l’indifférence. Ma pauvre mer est accusée d’avoir noyé une partie de l’Humanité. Elle est suspectée de crime contre l’Humanité.
Ma mer, les jours passeront et je continuerai à te défendre, tu resteras pour moi ni complice ni coupable, tu resteras témoin de l’indifférence. Je garderai la conviction de ton innocence mais je ne pourrai plus me laisser porter par ta douceur, ni me laisser bercer par tes vagues, elles sont pour moi la résonance de ces dizaines de milliers de cœurs éteints, de ces poumons gorgés de toi.
Prends soin de moi, venge toi tant que tu pourras, même sur moi si tu le veux, avale moi, broie moi, mélange moi à toi, montre nous que tu es notre mer à tous, que ton rôle est de nourrir l’Humanité non de l’avaler.
Je sais que tu en as vu d’autres, je sais que tu connais mes semblables mieux que moi, je suis désolé de ne pas avoir ton calme ni ta sérénité. J’aurais voulu être toi, j’aurais voulu être tes vagues violentes pour recracher ces milliers de corps en décomposition sur les responsables de ce crime contre la Vie. J’aimerais que l’odeur putride embaume ces hommes gris aux sourires froids, j’aimerais enduire de viscères en décomposition ces députés, ces ministres, et ces préfets. Ici l’odeur est bien trop douce pour eux. Le monde est injuste, les coupables aux mains propres se déculpabilisent avec cette devise « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », mais la misère je la vois dans leurs yeux, ils sont la misère-même, la misère capable de tuer une partie de l’humanité, le sourire aux lèvres. Votre effroyable cynisme rend l’Humanité hideuse. Un jour nous vous jugerons en espérant que nous ne devenions pas comme vous car malheureusement vous n’avez pas le monopole de l’ignominie.
Cédric Herrou

viernes, 10 de agosto de 2018

Marseille l'été


-->
Marseille l'été c'est le contraste de la pauvreté au soleil et des groupes de touristes qui haranguent les rues du centre. Les plages où débordent les égouts après l'orage du mois d'août sont interdites à la baignade... le matin. Les africains se baignent toujours le long du fort Saint Jean. Ce soir, y'a match. Des petits aux grands, tout le monde est en bleu et blanc. Les couleurs de la Bonne Mère sont devenues le drapeaux de la nouvelle religion. Le foot, c'est ce qui restent à ceux qui ne partent pas en vacances. On fait la queue pour payer l'essence, les gens sont familiers. Des arabes achètent de l'eau fraîche aromatisée. Un petit s'est fait payé une sucette par le gars devant moi, son papi a du mal à l'accepter. Mais c'est de bon cœur, alors il sort et s'écrie :  « Bonne soirée les jeunes, allez l'OM ! ».



domingo, 24 de junio de 2018

miércoles, 30 de mayo de 2018

Kalo Taxidi


Après avoir décidé de « partager » notre voyage sur Facebook, je me rends compte que ça a suscité toutes sortes de réactions. J’aimerais juste vous dire qu’un voyage est toujours avant tout intérieur et unique, que ce que la Grèce nous a donné chacun.e peut le trouver sur son propre chemin. Qu’avant tout se déplacer dans ce monde demande d’être toujours conscient d’où nous venons et de chez qui nous arrivons. Que si on vous a donné envie d’aller en Grèce vous saurez respecter le pays et ses nobles habitant.es. Que vous consommerez local et que vous ne financerez pas de multinationale ou tout autre entreprise faisant son beurre sur la crise, privatisant plages et villages tout en exploitant les habitants. C’était juste pour éclaircir mes intentions de « partage » de richesses de la vie. Love


8 avril

C’est Pâques! Et les déguisements du tourisme tombent. Aujourd’hui c’est méchoui pour tout le monde, il n’y a plus d’étoiles qui tiennent. La grand mère a pris la réception en pantoufles et donnent de précieuses recommandations aux cuisiniers. La musique résonne et le vin coule à flot. Les gosses jouent. Enfin un moment convivial sur cette île de Santorin vendue au tourisme de masse et aux chinois!!!


Pâques

6 avril

Ce soir c’est vendredi saint de la Pâques orthodoxe. Les églises sont toutes décorées de cierges. Les chants des popes résonnent dans les rues. Les femmes vont vêtues de noir et voilées. L’une d’entre elle me sourit, elle est très émue. J’avoue que même si je ne comprends pas trop le christianisme, ce soir, la fête est vraiment très belle. Ça vibre de partout.


3 avril

Le voyage fait de nous ce qu’il veut. Les vents nous portent vers les abysses de l’imaginaire et du réel . Denise vient de découvrir que La mère d’Homère -Climéne- est fille de l’île oú nous avons échoué hier! Et son fils, le célèbre aède, est enterré là! Les Cyclades sont le berceau de l’imaginaire de notre civilisation et de toute notre littérature!!!!! Les voyages d’Ulysse sont nés ici. Et nous les traversons, 28 siècles plus tard.


3 avril

Le bonheur est intense. Le café chauffe et le soleil se fait chaque jour plus grand. On frappe doucement à notre porte. Irène nous apporte des douceurs, feuilletés et biscuits au citron. Chez elle ça sent toujours bon. J’ai d’abord cru qu’elle était boulangère, mais non, elle prépare la Pâques orthodoxe comme beaucoup de femmes du village et nous régale de ses spécialités. Les hommes, eux, repeignent tout en blanc pour faire honneur à la résurection de Dieu et de la Nature - c’est un peu la même chose. Gaie et chaleureuse, elle apprécie nos efforts pour nous faire comprendre en mauvais grec. Je crois qu’elle nous a adopté!


1er avril

Ivre de raki, la musique du vent bleu des gens d’ici frappe mon cœur. Je ne veux plus rien. Plénitude et gratitude infinies.