miércoles, 27 de enero de 2016

la saison stationnaire

Les montagnes blanches sont devenues un gigantesques parc d'attraction. Les hippies du XXIème siècle sont des consommateurs dont l'esprit baigne dans des substances chimiques. La solidarité a laissé place à l'individualisme quotidien. La bouffe fait gonfler le ventre mais ne nourrit plus. Le machisme est toujours là, tapis dans les relations les plus bénignes.

ça fait deux ans bientôt que je suis revenue en France. Je m'y attendais franchement pas, mais vu la situation du monde, ça s'est fait tout seul.
Je me rends compte que ces 10 ans dehors m'ont mise à côté de la plaque. Le pays a drôlement changé. C'est peut être moi aussi.

Il y a quelque chose d'assez hallucinant: la conception que les gens ont de la liberté. C'est une conception complètement tronquée. Individuelle. C'est la solitude aussi. Une grosse arnaque.  Sous couvert de liberté, les gens sont égoïstes. On leur vend du plaisir à la pelle, comme si c'était un droit... Le plaisir ici est sensationnel. Evidemment il faut avoir de la thune: "rider", se défonser, sortir, voyager, consommer à mort. Penser qu'à sa gueule, ça se fait en groupe aussi.

Le tourisme ravage ce qu'il reste de sauvage. La montagne est complètement violée. Le capitalisme a rempli tous les espaces. Il n'y a plus moyen d'y échapper ici. C'est impossible, il a même gagné la tête des plus résistants, des plus cool.
Sous couvert de liberté, on trompe, on chie sur les autres, on justifie tout. On est solidaire quand on perd ses privilèges... le reste du temps, on s'en bat les couilles.

Le grand mythe de l'individu autonome qui prend du plaisir en payant, en profitant, en passant du bon temps sur le dos des pauvres et de la planète. Le pire, c'est que même aux pauvres, ça leur donne envie.

ça craint.