domingo, 3 de mayo de 2015

Lettre d'amour à Denise

Ça fait plus d'un an que je suis en couple. La phrase a résonné en moi comme si je ne m'en étais pas rendu compte depuis ce jour où, empêtrée dans mes douleurs menstruelles sur un sofa de Mexico, j'ai souri bien haut quand tu as franchi la porte avec tes cheveux colorés et ton rire.
"En couple", moi qui m'étais juré de ne plus retomber dans le panneau. Tu m'apprends tous les jours un peu plus qui je suis. Au fil des jours, ton sourire et tes larmes m'apprennent à laisser mes vieilles peaux et à t'accueillir j'espère un peu mieux chaque matin.

J'ai appris à déposer les idéologies au bord du chemin et a accepter de me faire submerger par toutes ces réalités que j'ignorais. Je reste une militante, une militante de la vie, de la joie et de l'espoir. J'ai appris par le passé que les égoïstes aiment souvent les drapeaux, même les noirs, même les mauves et qu'avec eux (et surtout avec elles), ce que je cherchais c'était une "famille".

J'avais un peu peur au début tu comprends, que tu rentres trop en moi, que tu me connaisses mieux que me moi même et que, comme les autres, tu me fasses mal aux ailes. Avec toi je souris .Je savais qu'il n'y avait pas d'amour sans liberté, ce que je ne savais pas ou si peu, c'est qu'il n'y a pas de liberté sans amour.

Ma famille existait pourtant déjà. Ces amitiés de sœurs et de frères que j'aime plus que tout. Ces poètes, ces vagabond.es et ces insurgé.es au grand cœur. Ma famille de sang aussi, bien qu'éclatée. Mais à toi, ma chérie, je te réserve cette place, tout près de mon cœur, celle où tu te blotties, celle où tu aimes, celle où tu pleures, celle où tu te reposes, celle où tu grandis.

Mon grand papillon coloré à qui ils ont froissé les ailes mais dont le sourire a gagné. Ne t'inquiète pas, tu voleras bientôt. Et je serai là.