viernes, 28 de abril de 2017

martes, 25 de abril de 2017

Puisque ce sont les règles du jeu

Ca fait un bail qu'on a compris qu'une élection présidentielle, c'est la loose.

Il commence à pleuvoir et l'émotion aux lendemains du premiers tour de la présidentielle est mitigée. Triste, de voir que la conscience collective avance à petit pas, même si elle avance. Soulagée que le plus grand voleur ne puisse plus prétendre au trône, contente de voir qu'"ON" existe bel et bien et qu'"ON" va être une opposition casse couille et déterminée.

Mal. Aussi, mal, de voir qu'on va continuer avec l'appauvrissement des gens de partout, qui nourrit la xénophobie à l'encontre de gens encore plus pauvres que nous. On va continuer à niquer la planète, à se foutre de l'eau, de l'air, de la Terre, à faire pousser des barbelés autour des frontières.

Blasée. Les avancées sont trop lentes. On ne peut créer un changement effectif sans être la majorité. Une vraie majorité, pas une majorité qui prend le pouvoir institutionnel alors que 20% des électeurs environ sont convaincus. Que ce soit l'une ou l'autre des deux abrutis qui vont s'affronter au deuxième tour, ils ne représenteront pas plus de gens. Ca fait des années qu'on donne aux Le Pen plus d'audimat qu'ils ne le mérite, on nous a rabattu les oreilles avec le FN à n'en plus pouvoir :"ils sont présidentiables! ça va être un raz de marée!". Raz de marée mon cul, 5% à Paris, 21% score historique... Alors biensûr ça monte. Les médias qu'ils critiquent tant leur ont donné une place privilégiée qu'ils ne méritent pas.

Et on comprend pourquoi! Parce qu'en tant qu'adversaires véritables, ils sont nuls. Avec leurs CV d'ancien tortionnaire, de ratonneurs, de négationistes, avec leur Histoire de collabos, de dynastie dégénérée, leur programme vide... les puissants, les magnants de la tunes savent qu'on les laissera pas passer. En fait les caler aux deuxième tour c'est s'assurer la victoire.

Alors il suffit de balancer un candidat du pognon, avec une gueule pas trop dégueulasse, avec les pachydermes d'un parti puis de l'autre qui quémande une bonne place en coulisse, le FMI, la BCE avec lui et qu'est ce que tu veux qu'on fasse. Bah... on se fait encore baiser.

Mais c'est que partie remise les ami.es, parce que les idées grondent et qu'on a raison. On est de plus en plus à vouloir un autre monde, à s'organiser, à se syndiquer, à faire pousser nos légumes, à être pacifistes, à comprendre l'économie, à écrire dans nos journaux, à arrêter de bouffer de la viande. On est de plus en plus à savoir comment faire autrement et à avoir envie de le faire ensemble, partout, tous les jours. On s'occupe de nos vieux, de nos voisins, de nos gamins, de nos malades, de nos amours. On s'aident quand on a plus de boulot, on construit nos communautés de vie.

Et effectivement, on résistera, comme on a toujours résister. Parce que quand on est pauvre ou "précaire", bah... on a pas grand chose à perdre, on construit à notre échelle "Un autre monde on n'a pas le choix" comme dise les collègues de la chanson. Puisque ce sont les règles du jeu.





martes, 11 de abril de 2017

Reportage "Les Cocus du Front"



On en parle peu, mais en deux ans, 400 élus sur 1 500 ont claqué la porte du FN. 
Adhésion et démission sont le lot de tous les partis, mais ce chiffre de 28% est considérable.
Pourquoi ces désillusions ? Les témoignages de ces « repentis » nous donnent une idée de l’ambiance qui règne derrière la charmante façade, ici à Brignoles dans le Var.
Un reportage de Sylvie COMA

Romain TARDIEU, ex conseiller municipal FN à Brignoles


lunes, 10 de abril de 2017

C'est quoi "la France"?


« La France n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv, a assuré la candidate du Front national (FN) à l’élection présidentielle, dimanche 9 avril, dans le cadre de l’émission « Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ». S’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas la France. La France a été malmenée dans les esprits depuis des années. On a appris à nos enfants qu’ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n’en voir les aspects historiques que les plus sombres. Je veux qu’ils soient à nouveau fiers d’être Français. »


On en entend de belles sur "la France" depuis quelques temps. Mais au fait, c'est quoi au juste "la France"? Ou plutôt, c'est qui?


J'ouvre un article du Monde sur la polémique d'une des Le Pen qui, comme à leur habitude, ont vite fait de lancer des phrases assassines, blessant les uns, confortant les autres dans leur nationalisme et leur connerie. J'ai entendu des centaines de fois: "faut arrêter de se flageller avec la colonisation et la collaboration, c'est du passé!". Mais, c'est quoi le passé au juste? C'est le passé de qui?


C'est pas ce qui nous constitue? Ce qui fait qu'un "nous" peut voir le jour? C'est pas ce qui fait qu'on peut avancer, réconcilier, nous réinventer? Exister?


 Et puis, un jour, un être proche a su que ma femme et moi on avait tenté une PMA à l'étranger. Il m'a gentiment conseiller d'aller demander des allocs à l'Etat mais de préciser que "j'avais eu une aventure lors d'un voyage" et que c'est comme ça que j'étais tomber enceinte. Je lui ai répondu que "ma femme et moi, on est une famille. Qu'ON essaie de faire un enfant qui aura des DROITS". Puis il m'a rétorqué "Tu ne peux pas imposer ça à "la France". Estomaquée... La phrase a résonné en moi pendant des jours.


"La France" clairement, c'était pas moi, en tout cas pas nous. "La France" était toujours blanche, hétérosexuelle, en bonne santé, de culture "judéo chrétienne"... "La France" serait donc pour moi, pour nous, pour ce gosse qui viendra certainement un jour au monde, un espace privé VIP auquel on aura pas véritablement accès. 


Pourtant la France c'est ma maison. Pas une maison qui se défini par la Nation, cette connerie inventée par des riches, défendue à coup de guerres et d'intérêts qui n'ont jamais convenus aux petites gens. La France c'est où j'ai appris à marcher et à m'envoler. C'est où j'ai appris Georges Brassens, Jean Ferrat, Victor Hugo, Paul Verlaine, Louise Michel, Olympe de Gouges, Jean Moulin, Arthur Rimbaud et les autres. J'ai aussi appris à écouter Aimé Césaire, Christiane Taubira, Frantz Fanon, Leopold Sedar Sengor, et les autres. 
 Dans "l'esclavage raconté à ma fille, Christiane Taubira écrit que l'histoire de la colonisation est notre histoire commune. Les uns étaient dans les cales, les autres sur le pont mais tous étaient sur le même bateau. Affirmer que ce n'est pas "la France" qui a raflé 13000 personnes au Vel d'Hiv qui ont étées livrées puis assassinées à Auswitch, c'est comme dire que Napoléon, c'est pas "la France" quand il a rétabli l'esclavage en remettant à l'ordre du jour le Code Noir. C'est une honte pour toutes les victimes de l'esclavage et du nazisme d'état ou pas.

Ce pays sera toujours pour moi lié aux Autres. Et les Autres ce sont les descendants d'esclaves, les gens qui n'ont pas la même sexualité que mes parents, ceux et celles qui passent par ici parce que chez eux y'a la guerre et qu'il faut se bouger le cul, c'est ma femme, c'est mon voisin, son chien, ses chats et les oiseaux dans le cerisiers. Les abeilles qu'on flingue et tous ceux qui rêvent encore. 


Les Autres c'est moi. Et de Pétain à Fatou Diome, on est sur le même bateau.







L'article du Monde: http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/10/marine-le-pen-choque-en-declarant-que-la-france-n-est-pas-responsable-de-la-rafle-du-vel-d-hiv_5108622_4854003.html