Le pire serait arrêter de viser les étoiles (1)
Je me souviens que des millions de français ont interrompu leur vie un instant, le souffle coupé lorsqu'ils ont appris que des journalistes avaient été impactés par les balles d'hommes lourdement armés à la lumière d'un jour comme un autre, dans Paris. Notre bulle de confort s'est étiolée, brisée. On pouvait être tué pour faire un travail d'information et d'enquête. On pouvait mourir pour défendre ses idées. Javier Valdez est mort hier au Mexique, à Culiacan dans le Sinaloa. Il a reçu 12 balles de deux pistolets à midi, alors qu'il quittait son bureau du journal RioDoce. Je ne le connaissais pas. Mais il faisait parti de Periodistas de pie , ce collectif d'écrivains journalistes de terrain, qui passent des mois avec les proches de victimes enlevées, torturées, portées disparues ; au contact permanent avec toutes les associations et ONG de quartiers, de villages, de villes de la société civile en lutte mexicaine. Ils luttent pour retrouver leurs mort...