martes, 17 de marzo de 2015

Codex 43. Récit, critique sociale et tortillas

enfin! Je découvre ce merveilleux blog, cet ode à la route à travers le Mexique. Je retrouve mes milliers de kilomètres en stop et mes premiers pas en anahuac. Que du bonheur!

https://codex43.wordpress.com/


"Le voilà l’objectif secret du stop, briser l’entre-soi, être ce grain de sable qui dérègle la belle mécanique d’enfermement. Au fond, on s’en balance d’arriver à destination sinon on ferait du covoiturage comme tout le monde. J’ai essayé un soir d’hiver. Porte d’Italie – esplanade de La Part-Dieu, c’était sympa comme un départ en colo. T’as pris mes trente balles et on n’a pas causé du voyage. D’ailleurs tu l’avais précisé sur le site : le bla-bla c’est pas ton truc. Tu dois préférer le pognon de toute évidence. J’ai pas vraiment pu me plaindre, on est arrivés à l’heure mais j’avais l’impression d’avoir gâché ma chance. Quand t’es allé pisser à l’Autogrill de Nemours, j’ai eu envie de me faire la malle pour relancer la roulette. Le stop c’est pas terrible pour les rencards mais c’est bon pour le coeur.""

domingo, 15 de marzo de 2015

El Barrio antiguo est un caprice

Aujourd'hui, le livre « Monterrey entre la guerra, cronicas desde el Barrio antiguo » parait dans le nord est du Mexique. Il s'agit d'une compilation d'articles du journal indépendant El Barrio Antiguo retraçant l'époque d'une ville -Monterrey- séquestrée par la barbarie à partir de 2006. Des jeunes, des journalistes, des écrivains, des analystes, des chercheurs et des activistes y racontent comment les habitants résistent.
El Barrio Antiguo est un hymne à la parole, un espoir face à la barbarie. La chronique est mise au service de la communauté et non du pouvoir. Trois capricieux continuent ce projet incroyable sans aucunes subventions, sur internet et satisfont chaque semaine plus de 20 000 lecteurs.


Notre journal est une forme de résistance face à l'oubli, un exercice de mémoire, un espace « virtuel » où nous faisons place à ceux qui avons le besoin de narrer, de construire et de reconstruire. C'est la possibilité de raconter et de nous inclure dans cet espace que nous occupons dans cette guerre, à travers chaque histoire, à chaque fois.

Nous ne sommes pas des chiffres condamnés à l'oubli, nous avons beaucoup à dire. Nous vivons depuis des années une des guerres les plus meurtrières et épuisante de ce monde. La peur de tant de violences systémiques nous a imposé le silence. Notre territoire est devenue la zone du silence par excellence. Dans la lutte pour la survie, nous avons appris à nous taire et à nous étouffer avec nos propres sentiments. La lutte pour la conservation de la joie est devenue une autre forme de survie, la possibilité de nommer l'invivable dans lequel nous nous sommes débattus depuis ces sept dernières années, de raconter comme nous nous sommes débrouillés pour rester en vie ; tout cela nous permet de rassembler les ruines depuis autre chose que la solitude.

El Barrio Antiguo réuni de nombreuses voix courageuses, celles qui rêvent encore de la reconstruction du tissus social depuis la communauté tout entière. Ce journal permet d'avoir une notion ample de la guerre à ceux qui ne la vivent pas, une idée de l'état dans lequel nous nous trouvons ; un état déjà normalisé que nous avons incorporé comme notre quotidien mais qui, ailleurs, ressemble à un mauvais film de fiction au script incohérent et à la trame impossible.

Le besoin de rompre le silence et de rassembler les vécus de chacun est l'âme du Barrio Antiguo. La chronique narrative nous permet une forme de communication directe, facile à digérer, en dehors de toute prétention.

Le Barrio Antiguo est aussi une forme de résistance. Nous avons pris la décision d'assumer les responsabilités et les risques d'avoir un journal alternatif indépendant au Mexique, en conditions de guerre, et de le mener à bien malgré la grande précarité dans laquelle nous nous trouvons. Le compromis qu'implique la publication d'une édition hebdomadaire constante depuis maintenant deux ans -une centaine à notre actif- est notre forme de résistance. Nous sommes trois capricieux qui avons décidé de continuer à rêver et de matérialiser ce projet. Heureusement, nous recevons chaque semaine des textes de nos collaborateurs, constants ou occasionnels, et c'est cette complicité qui permet au Barrio de subsister. Mais tout ce qui nous pousse à continuer, ce sont nos lecteurs. 25 000 lecteurs constants chaque semaine nous attendent, nous commentent et partagent nos textes sur les réseaux sociaux.

Aujourd'hui je vous dit MERCI, de tout mon cœur !

Denise Alamillo, éditrice web.

Vous voulez nous soutenir? Merci de me contacter à buzon@elbarrioantiguo.com