jueves, 8 de diciembre de 2011

Aux féministes abolitionnistes

Traduzco pronto...

"On ne démolira jamais la maison du maître avec les outils du maître"
Audre Lorde, Sister Outsider,  1979


Alors que nous avions enfin l'opportunité de redonner un souffle au féminisme en France avec les mobilisations qui ont eu lieu après l'affaire DSK, voilà que la gauche et la droite s'unissent lors d'un rare consensus en faveur de la pénalisation des clients des prostitué.e.s. (Le Monde)

Les féministes abolitionnistes se réjouissent au même moment où le groupe de La Barbe se fait violemment expulser de la "Convention pour l'ambition" de l'UMP. Comment prétendre faire des compromis féministes avec un tel gouvernement? Pourquoi ne pas aller à la rencontre des chinoises qui tapinent à Belleville leur demander ce qu'elles pense de la pénalisation de leurs clients plutôt que de demander une fois de plus à l'Etat de protéger les femmes? Je lisais sur un blog "la France, devenue si différente de l'image qu'elle a d'elle même, affirme une position progressiste et tire le reste du monde vers le haut..." J'ai du mal à y croire tellement c'est énorme! La France salvatrice des femmes du monde, la France progressiste...

Mais vous parlez de la France de Sarkozy Mesdames: celle qui violente, qui tabasse, qui expulse, qui emprisonne, qui prive de droits civiques TOUTES LES MINORITÉS et notamment les femmes migrantes plongées dans l'illégalité par ce même gouvernement. Ces mêmes femmes migrantes à qui vous prenez la Parole, qui sont privées de droits civiques par ce gouvernement avec lequel vous traitez, qui n'ont pas accès au marché du travail, qui sont séparé de leurs enfants lors d'expulsions.

Je me demande où seront les abolitionnistes quand les prostitué.e.s les plus pauvres devront se cacher encore plus pour ne pas se faire emmerder par les flics, se mettant encore plus en danger, précarisant toujours plus leurs situations. Car les 90% des prostituées -les seules qui vous intéressent- victimes des traites n'ont pas de papiers et vivent dans une pauvreté extrême. Allez leur expliquer que vous savez ce qui est bon pour elles et que l'Etat français va les sauver!


"elles sont méprisées du public, elles sont bousculées par les flics.."

Proposition de résolution de loi réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution adoptée hier

Lettre ouverte de prostituées de Gerland aux élu-e-s de la ville de Lyon, juin 2010
Les putains tapent du poing contre les violences, décembre 2010
Lyon, nouveaux ravages de la politique du "coup de balais", 5 décembre 2011

2 comentarios:

  1. Hello Emi
    A mon avis, ses prostitués venues d'autres pays non seulement ne récupèrent qu'une partie de l'argent, car j'imagine bien que c'est leur maque qui prend l'argent puisque c'est lui qui les as fait venir.
    Résultat : elles se font exploitées et financièrement, et sexuellement et reste pauvre dans des conditions pire que si elles étaient restées chez elle.
    Il s'agit de s'occuper de la pauvreté dans le monde.
    C'est un projet autant utopique que l'abolition de la prostitution; surtout qu'avec internet, les clients prostitueurs ont de beaux jours devant eux et ceux qui détiennent le pouvoir et l'argent ne sont pas prêt de le lâcher.

    Puisqu'on est dans une société utopique, pourquoi cet argent de la prostitution qui génère les maquereaux et les clients qui ont une amande, n'est il pas reversé à des centres d'aide à ses femmes.
    Ou alors en parlant d'outil, que leur moyen de production qui est leur propre corps elles puissent en être propriétaire.
    L'argent généré par la prostitution en France est évalué entre 15 et 20 milliards de francs, dont 70 % reviendraient aux proxénètes. Donc ça veut dire qu'il y a de l'argent et que ce sont les hommes qui en détiennent une bonne partie et finalement qu'ils récupèrent.
    Et si je vais interviewer une prostituée dans la rue qui ne parle pas francais, à mon avis, elle préfèrerait pas être là dans ses conditions là, sauf que c'est trop tard car on lui a pris ses papiers et qu'elle se retrouve sans argent, la plupart du temps violée par les maffieux.
    Bref c'est compliqué et comment solutionner la pauvreté dans le monde qui pousse ses femmes à se prostituer.
    Et à mon avis les femmes migrantes ne représentent malheureusemnet pas une Minorité car ce sont elles qui sont le plus exposées à la pauvreté.

    Je rejoins totalement ce texte d'annie dans son analyse :

    un masculiniste du profil de Lépine (tueur de polytechnique) : exalté, totalisateur et hargneux de se sentir dépossédé par les femmes. et il démontre ce qu'ils démontrent tous : quand un homme se sent mal/spolié/oublié , il agit, et frappe celles qu'il rend responsable. Les féministes savent depuis longtemps qui est l'ennemi, comment il s'incarne, mais nous restons toujours si polies dans nos contestations, nous demandons que l'on respecte nos droits, nous demandons à ce que les violences cessent. sans compter les quelques gauchistes qui veulent nous faire pleurer sur les hommes en prison ou ceux qui seront persécutés au nom de lois abolitionnistes.
    La rhétorique est toujours la même : accuser les féministes de provoquer les violences du système. Là ce masculiniste répète ce que tous les por-prostitution ânnonent comme des purs masculinistes (et on va l'entendre aussi lundi lors du "débat") à savoir que les tentatives abolitionnistes sont la cause des violences contre les femmes prostituées (isolement, déplacement par les proxo et violences par "clients"). Or ce sont des violences faites par le système lui-même : les proxénètes invisibilisent et déplacent leurs proies. Accuser les féministes de produire ces violences est vraiment de l'anti-féminisme pur. C'est comme si on disait que la loi cadre sur les violences par conjoint mettait les femmes en danger. Et pourtant on pourrait le dire : les hommes violents connaissent la lois, s'y adaptent, et en fonction des avancées féministes, isolent les femmes qu'ils violentent, s'informent sur le féminisme et se font passer pour des experts, vont chez le psy et collectent des techniques de manipulation mentale pour ensuite réprimer encore plus leur conjointe. Mais qui on préfère accuser ? Des femmes plutôt que des hommes. Les féministes qui portent la loi cadre plutôt que les oppresseurs qui s'y adaptent !

    ma

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  2. Chère ma,

    Par "minorité" j'entends toute personne ou groupe de personnes ne répondant pas aux critères du pouvoir hégémonique (les pauvres, les femmes, les sans paps, les transpédégouines, les handicapé.es, les vieux/vieilles, les noir.e.s etc...)A savoir que tu peux être plusieurs minorités à la fois: un.e vieux/vieilleille transpédégouine noir.e pauvre sans pap handicapé.e.

    Effectivement, la traite des personnes est horrible mais je suis persuadée que les lois répressives d'un gouvernement fasciste ne font qu'empirer les conditions de vie des minorités. Pourquoi les féministes abolitionnistes ne militent pas pour le retrait de la loi sur le racolage qui a plongé tou.te.s les putes dans la violence et l'isolement? (lis l'article les putains tapent du poing contre les violences dont j'ai glissé le lien à la fin de l'article). Pourquoi ne pas militer pour le durcissement des lois contre les proxénètes (si on reste dans une logique de demander à l'Etat de protéger les femmes)?
    Est ce que le fait que les esclaves chinoises ne parlent pas français nous exempt d'une enquête féministe sur leurs conditions de vie et les répercussions qu'ont ce genre de lois sur leur quotidien? Nous n'avons même pas essayé de les rencontrer alors qu'elles (sur)vivent dans nos rues...nous préférons nous cantonnerer aux témoignages de Mott (que je respecte infiniment) et d'insulter le Strass.

    Je comprends tes bons sentiments et crois moi, l'exploitation et le viol m'enrragent autant que toi. Mais il ne s'agit pas de continuer à militer en excluant les féministes qui ont un autre avis en faisant une échelle de vertus plus ou moins féministe: les catégorisations d' Annie quant à ce qu'est une bonne féministe ou pas, les donneuses de leçon de féminisme, toutes celles qui passent leur temps à s'insulter entre elles et à nous renvoyer à leur bibliographie, merci!

    Toutes celles ci militent pour un féminisme binaire pro ou anti, femme ou homme, riche ou pauvre, de droite ou de gauche etc... Je préfèrerait un féminisme incluant et pas excluant qui va à la rencontre de la complexité, qui va dans la rue et sors un peu de ses bibliothèque: qui accepte la différence.

    Effectivement, l'utopie fait vivre!

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