miércoles, 26 de diciembre de 2012

Parce que nous en sommes...

Excellent article du cortège féministe transpédégouine paru sur rebellyon.info

Enfin une vraie critique sur le "débat sur le mariage pour tous"!!!


Mariage, mariage : Le mariage pour tou-tes reconnaî­tra aux homos le droit de fonder une famille res­pec­ta­ble de bons citoyens, sur le même modèle que les hété­ros. Nous vou­lons avoir le droit au mariage, même si c’est pour ne pas s’en servir.

Se marier c’est quoi ? Intégrer une ins­ti­tu­tion sym­bo­li­que forte, sacrée pour cer­tain-es.
Un lieu d’enfer­me­ment, de tra­vail pour les femmes.
Créer une soli­da­rité économique pri­vi­lé­giée entre conjoint-es et des­cen­dant-es.
Officialiser une vie com­mune aux yeux de l’État.
Avoir un statut juri­di­que pro­tec­teur.
Théoriquement ça donne une citoyen­neté pre­mière classe. Concrètement, ça parle de vie, de mort, de papiers, de sous, de place dans la société, de qui on aime, de com­ment on baise et com­ment on gère tout ça.

Les homo­pho­bes disent des choses tou­jours plus vio­len­tes, stu­pi­des et dan­ge­reu­ses depuis des semai­nes. Plusieurs manifs anti-mariage ont vu des vio­len­ces contre des LGBT et des fémi­nis­tes qui pro­tes­taient. La pro­pa­gande homo­phobe déferle et fait des dom­ma­ges dans les média et dans les vies des per­son­nes concer­nées. Au choix, on nous prend pour des mineur-es, des autres bizar­res ou des non-humain-es.

On nous prend pour des mineur-es : on ferait un caprice quand on veut élever un enfant, parce qu’on n’en serait pas capa­ble, on pour­rait les trau­ma­ti­ser. On ne serait pas digne de trans­met­tre des héri­ta­ges dans les mêmes condi­tions que les famil­les tra­di­tion­nel­les, comme si on ne pou­vait pas gérer notre mémoire et notre argent. Puis, ce qu’on veut ce serait stu­pide, nos reven­di­ca­tions ne seraient pas légi­ti­mes. Pourtant, nous trans, goui­nes, pédés sommes des êtres majeurs, res­pon­sa­bles de nos vies et de nos choix.

On nous traite comme des Autres : c’est une spé­cia­lité de l’égalité à la façon-révo­lu­tion-fran­çaise. On est tous égaux mais avec des res­tric­tions parce qu’on est goui­nes, pédés, trans, fémi­nis­tes, par­fois pas blanc-hes, des fois han­di­capé-es.
Finalement, on se trouve repoussé-es en marge de l’huma­nité. Nous enten­dons dire que l’huma­nité, c’est l’hété­ro­sexua­lité. Puis, les homo­pho­bes nous disent que nous n’avons pas choisi notre homo­sexua­lité, que nous la subis­sons, telle une mala­die, une tare. À ce titre nous sommes sujets au rejet, à la com­pas­sion ou à la tolé­rance. Nous sommes ramené-es à un état d’inca­pa­cité face à des hété­ros qui seraient plei­ne­ment humains et tota­le­ment capa­bles.

Alors à ces homo­pho­bes on répond que nous avons choisi d’être homos, en tout cas nous avons choisi de le vivre bien et d’en être fier-es et épanoui-es. Tout le monde sait ce que c’est que l’hété­ro­sexua­lité et il n’y a de raison de s’la raconter ! Nous n’avons aucune raison de vou­loir vous res­sem­bler ! C’est nous qui devrions vous tolé­rer.
Nous savons très bien que les homo­pho­bes n’ont jamais été capa­bles de gérer les méfaits de leur modèle hétéro-tra­di­tion­nel-patriar­cal : les mil­lions de femmes bat­tues et tuées par leurs maris, les mil­lions d’inceste, la mal­trai­tance sur les enfants. Mentir aux enfants, c’est leur dire que la famille c’est sacré, puis quel­ques années plus tard les jeter à la rue ou les main­te­nir à bonne dis­tance lorsqu’ils sont pédés, trans, goui­nes ou autres non-confor­mes. Alors, les hété­ros, qu’ils s’occu­pent de résou­dre leurs pro­blè­mes, plutôt que d’atta­quer d’autres formes d’orga­ni­sa­tion col­lec­tive et de les rendre illé­gi­ti­mes.

Aux pro mariage et au PS nous vou­lons dire : Le modèle hétéro ne nous fait pas mouiller ! Cette loi est une arna­que. Le défer­le­ment d’homo­pho­bie qu’occa­sionne le débat autour du mariage et de l’adop­tion nous oblige à nous impli­quer pour un projet de loi qui ne cor­res­pond pas à nos prio­ri­tés de luttes. 
 Nous nous retrou­vons pro­jeté-es en avant, alors que cette loi ne chan­gera pro­ba­ble­ment pas beau­coup nos vies quo­ti­dien­nes.
Du chan­ge­ment à la mode socia­liste, c’est un peu les électrodes sans l’électricité. Les socia­lis­tes se croient ouverts et pro­gres­sis­tes, mais au vu de leurs décla­ra­tions publi­ques, ils se révè­lent réacs et mani­pu­la­teurs. La pro­por­tion que prend ce débat est hal­lu­ci­nante. On ne veut pas servir de cau­tion à la poli­ti­que civi­li­sa­trice du PS, et en géné­ral des pays occi­den­taux. On veut nous fait croire que les droits assu­rent notre égalité, que l’État pro­tège notre liberté et les fron­tiè­res notre sécu­rité. Légiférer sur nos exis­ten­ces ne nous inté­resse pas, les pos­si­bles ne doi­vent être déci­dés ni par l’État, ni par le capi­ta­lisme.

Nous vou­lons inven­ter des formes d’allian­ces alter­na­ti­ves au modèle fami­lial tra­di­tion­nel ou homo­pa­ren­tal, afin de garan­tir et déve­lop­per nos formes de soli­da­ri­tés.
Par exem­ple, les soli­da­ri­tés finan­ciè­res envi­sa­gées uni­que­ment au sein de cou­ples ou de famil­les ne nous convien­nent pas. « Cette morale ne nous convient pas. L’héri­tage avec nous c’est foutu, y’en a plus ! » Nous ima­gi­nons d’autres manière de répar­tir notre argent et de trans­met­tre nos biens, au sein de réseaux de soli­da­ri­tés. Nos vies ont à perdre d’être régen­tées par un État. Pour qu’elles soient celles que nous dési­rons, nous ten­tons de contour­ner, de cher­cher des failles. Nos vies sont plus folles, plus col­lec­ti­ves : on tente de tra­vailler le moins pos­si­ble, de récu­pé­rer le plus pos­si­ble, les clés de nos mai­sons sont sous le paillas­son, les repas sont par­ta­gés, mais quand on sort dans la rue on est trop sou­vent maté-es. Ça nous donne envie de nous marier à quatre, d’adop­ter nos ami-es, d’avoir six réfé­rent-es pour nos enfants...
Nos formes d’orga­ni­sa­tion affi­ni­taire déran­gent. Elles sont per­çues comme illé­gi­ti­mes, inexis­tan­tes, voire dan­ge­reu­ses. Finalement depuis Ménie Grégoire (« l’homo­sexua­lité ce dou­lou­reux pro­blème », 1971), la société n’a pas beau­coup changé, les homo­sexuels sont tou­jours une menace !

Pour des allian­ces sans condi­tions, sous toutes les formes pos­si­bles.

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