jueves, 6 de marzo de 2014

¿Dime tu que es esto y porque?


On appelle ca "la guerre". C-est quelque chose que le langage n-a pas encore conçu. La "guerre du narco" au Mexique, c-est quelque chose qu-on ne comprend pas. Les disparu.es donnent lieu a une infinité d-imaginaires plus gore les uns que les autres. Entre les feminicides, les disparitions de migrant.s et celles de mexicain.es, on ne comprend pas. On ne comprend pas l-indicible. Un membre de l-organisation paramilitaire armée zeta raconte qu-ils decoupent les corps et qu-ils les brulent dans de l-acide dans des bidons, ils font ca dans des camps. La 'guerre du narco" mexicaine en verité c-est comme decouvrir auswitsch. Les femmes violées par milliers par des dizaines de mecs qui ne bandent meme plus parce que c-est leur boulot, les migrants qu-on enferme dans des caves pour des rançons, ceux qui doivent passer la frontiere avec de la drogue en plein champs de bataille pour peut etre y arriver, les corps sans tete dans les poubelles, les fosses communes...

J-écoute tout ça depuis des mois. J-écoute comme elles me racontent tout ça entre deux lattes d-herbe, entre deux cafés, j-ecoute les armes, les hommes, les coups de feux dans leurs bouches. J-ecoute comme elles survivent, comme elles rient, comme elles aiment. J-ecoute tout ça et je ne comprends pas comment c-est possible et pourquoi ça arrive. Pourquoi on arrette ton bus, on tue tous les hommes qui s-y trouvent, on viole les femmes jusqu-a ce qu-elles s-evanouissent et on les jette dans le desert comme des paquets de merde. Je comprends pas. Hier, Denise m-a dit qu-il fallait decrire et arreter de me morfondre en incompréhension. "Décrire, écrire, c-est déja enorme."

Alors ce matin je me reveille a ses cotés, je caresse son corps si doux que la mort et l-horreur des hommes n-ont pa reussi a arracher de ce monde et je souris. Je souris parce qu-elle est la, dans mes bras, et qu-elle sourit aussi. Je souris parce ce matin Yakiri, une jeune fille de mexico qui a survecu a un enlevement et reussi a tuer son violeur quand il essayait de lui quitter la vie est libre. Elle est libre apres avoir passé Deux mois de taule pour excés de legitime defense parce que les connards qui l-ont enleve et violé travaillaient pour la police federale du ditrict federal de Mexico et qu-une lesbienne qui plante un couteau de cuisine dans la gorge d-un enfoiré pareil, ils n-ont pas l-habitude. Je souris parce que la lumiere est merveilleuse et que la survivance aussi.

Cette guerre d-interet, de territoire, c-est l-apocalypse du capitalisme dans ce qu-on a appele le tiers monde. C-est la marchandisation des corps dans son horreur la plus abjecte, c-est la prise en otage d-un peuple qui doit tisser la vie et survivre chaque jour entre toute cette merde sans que ca n-ait jamais d-autre sens que celui de l-incomprehensible. Hier, Alicia qui a vécu dans sa maison alors que dehors ils se sont tiré dessus pendant 4 mois demande a Denise, Dit moi toi ce que cest et pourquoi cest comme ca?

C-est une guerre qui ne ressemble a aucune guerre, c-est une dictature qui ne ressemble a aucune dictature, c-est une impunité qu-on a peut etre jamais vu, c-est auswitsch qui danse avec mc do, les bordels de frontieres, les banques d-organes et des violeurs en uniformes qui portent des armes made in usa. C-est un putain d-enfer au milieu des oiseaux ou la vie palpite pourtant avec une bienveillance hors du commun. C-est des filles qui se reconstruisent et qui recommancent la vie le coeur en avant, la soif dans es yeux, la soif du meilleur.

Yakiri et ses parents hier soir devant le penal de Mexico.

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