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Mourir de tristesse

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 "L'amour est la seule raison pour crever. Pour vivre aussi." Marjane Satrapi (1969-2026)

Le talisman

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" Je voudrais pour conclure cette leçon revenir sur les sources de la connaissance anthropologique car le savoir qui en est issu et que vous m'aviez invité à transmettre dans ces enceintes solennelles, mes chers collègues, je le tiens en partie de conversations autour d'un feu dans les zones brumeuses de la haute Amazonie avec des hommes et des femmes dont j'entends encore la voix lorsque je m'efforce de rapporter ce qu'ils m'ont dit. Aussi, plus encore que la dette de fidélité contractée par le témoin, plus encore que la reconnaissance due à qui vous enseigne et enrichit votre expérience ; ce dont je suis redevable à mes compagnons amérindiens c'est de m'avoir permis, en bouleversant mes évidences par l'assurance tranquille avec laquelle ils adhéraient aux leurs, de m'interroger en retour sur ce que j'avais tenu jusque là plus ou moins consciemment pour des vérités incontestables, m'incitant ainsi à renouer avec cette vertu fugace d...

La lumière derrière l'arbre

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Photo du défund Salgado J'avoue. Je me suis faite avoir. Des heures sur facebook à scroller les conneries du monde entier au lieu de faire de la guitare et de la poésie. Faut dire que l'époque le veut bien. C'est la merde.  On s'est fait précariser l'esprit et les godasses. En même temps on le savait qu'on allait prendre cher. Bon, bah, c'est fait. Je ferai pas de gamins dans ces conditions. C'est même pas par principe. C'est par évidence. Je me dis que toutes les époques ont eu leur lot de pourriture. Celle ci est musclée. Alors je vis avec ma belle et un super matou adorable que je chéris comme on chérit les étoiles. Ce qui est important aujourd'hui, c'est de finir cette bière sans être complètement ivre, écrire au petit Camille qui est devenu grand avec le départ de sa matriarche (heureusement, il s'agit de son arrière grand mère et pas d'ma pote Marie) et de profiter du temps libre précarisé. Parce que le temps libre, c'est to...

Dumè Ottavi

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"C'est un petit chemin de terre, minuscule, qui se bat dans la lumière, croyant avoir tous les droits, même celui de crever au combat..." Repose en Paix, toi qui fut mon Ami.

Paulina

« Oï ou louzi tchervona kalyna... » La petite se déhanche sur un remix techno, un soldat chante, l'arme en bandoulière, une église en arrière plan, le drapeau bleu et jaune flotte partout. Le public s'excite. Cette chanson, ils la connaissent tous et la chantent en choeur à chaque fois. Il faut dire qu'elle est entraînante. On a bien compris que ça parle de l'Ukraine et que c'est assez nationaliste. Paulina est terrible. Sa natte se balade, elle n'a pas besoin des paroles, elle la chante les yeux fermés avec une ferveur effrayante. Elle s'assure juste de temps en temps que sa mère la regarde. Elle a six ans. Le mardi soir, ils chantent. Ianna a repris la place qui désormais est la sienne. Veronica est arrivée, triomphante, elle a réussit à endormir sa petite pour venir au karaoké ! Vêtue comme une star, elle a fait une révérence au public en ôtant son chapeau, hyper belle. La soirée a commencé quand Piotr est arrivé. On a tous applaudi sa venue. Veronica aim...

Le sanglier

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Hier, les gens n'étaient pas bien. On n'a pas besoin de regarder les infos pour voir quand ça ne va pas. Volodymyr s'est approché du point rencontre. Il faisait une chaleur à mourir. Les petits accouraient « Sirop, sirop Emilie ». « Tu veux de l'eau ? » « No thank you I need to practise ». Il est venu parler. « Il faut que je parle à quelqu'un, je suis resté enfermé toute la journée à cause de la chaleur. » J'interromps ma conversation avec deux bénéficiaires qui ont amené des tuiles aux amandes à partager pour l'apéro des régions. Personne d'autre n'est venu hormis les enfants qui piaillaient comme des oiseaux pour me demander à boire. Cette semaine, on arrive chacun à prononcer petit à petit les prénoms des autres, et ça fait plaisir. Après avoir échangé quelques banalités en anglais. Je lui demande où est sa femme.  « Elle est repartie à Kiev.  _...A Kiev ?  _ Oui, elle avait un rendez vous important de révision ch...

Tu sais que tu veux tellement vivre

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  Les enfants changent, ils grandissent vite. On sait maintenant que derrière leurs visages fermés et leurs efforts des premiers jours pour ne pas prendre trop de place et ne déranger personne, un tel a désormais un air espiègle, celle ci est un peu insolente, bref, ce sont des enfants. Ils s'ouvrent, font enfin des bêtises, cherchent notre attention et testent toutes nos limites.  Katrina est dorénavant la star de l'école de Tourves, elle interprète la pop de son village comme personne. J'ai appris ce matin que Zlata n'a que huit ans! Elle me rappelle une gamine de Vaulx en Velin qui me faisait péter les plombs aussi jusqu'à ce que je l'engueule un peu trop fort et qu'elle s'accroche à ma taille comme une naufragée à une bouée. Elle ne me lâchait plus, j'avais compris ce jour là que son père était en train de mourir, elle aussi venait de l'est. Zlata a le même profil, une vraie teigne, un sourire immense, une énergie de folie, elle marche su...

Ya Rayah

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J'arrive chez moi et y'a cette version d'un vieux son chaâbi qui résonne chez mon voisin. Je me rappelle alors qu'un soir d'ivresse, Jamel et moi avons bien failli foncer à Marseille prendre un billet pour l'Algérie. Je voulais absolument qu'on aille prendre un café sur la baie d'Oran, lui voulait m'emmener dans son désert... On s'est souvenus qu'on n'avait pas de pass sanitaire... et pas de voiture

C'est la fin des haricots!

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 Combien de temps sans t'écrire une lettre d'amour? Combien de temps sans flipper, sans se rouler dans la boue du désir et les peurs enfantines. Y'a un chien qui aboie au dessus de ma tête, avec sa bouteille de whiskey il se balade comme l'épée de Damoclés sur ma nuque ombragée. J'ai rien compris, d'un coup je suis tombée dans le vent, la terre ne soutenait plus mes pieds. Je suis tout le temps ivre. De solitude, de rencontres, de danse et de routes en déroute. Je ne tiens plus debout, je danse. Et ce pantin qui se rit de moi. Gamin ébouriffé aux airs de gamine. Y'a de la peinture partout et il pleut. Je nage dans le reflet des flaques en miroir. Y'a plus rien à manger? T'es complètement déglinguée, surtout le soir, ou au petit matin, quand seule, tu te fais peur. Avec tes jambes arquée dans les escaliers des araignées. Y'a plus rien? Si, y'a son rire de maman sensuelle dans les volutes bleutée de ses fumées grises. Elle rit avec sa copine, ...

"Retraité dans le besoin"

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 Ca faisait des mois qu'on n'avait pas mis les pieds en ville.  On arrive à Marseille après avoir lâché 25€ à Vinci. Cette fois je boude pas, on est éclatées et il nous faut être efficaces.  Marseille et son chaos. Deux accidents en une demi heure, une meuf en camion recule et arrange le pare choc d'une jeunette outrée. Une dame se gamelle en vélo avec ses sacs de courses. J'ai galéré pour trouver une place gratuite malgré ma connaissance du terrain, un nouveau panneau qui ne m'inspire rien de bon m'a fait changé de lieu. J'ai voulu faire des courses à Monoprix. C'était tellement cher que j'ai du faire le tour du magasin pendant une heure pour trouver de quoi manger. Un homme en guenille faisait la manche devant la barrière du parking. Il essaie tant bien que mal de la soulever devant le camion de livraison de la grande marque. Difficile de lui faire l'aumône puisque le chauffeur bosse là et que le camion rentrera la marchandise coûte que coûte. ...

L'homme qui dressait des Pierres dans le Vent

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Au milieu de ce monde clafit de crétins et de gens sans cœur, il existe des gens comme Hervé. Il a créé un "musée" à l'air libre sur les bord de la sauvage Durance, aux pieds de Briançon, alignant des pierres en touchant l'harmonie intrinsèque à toute chose. Il se plaint que les gens détruisent tout ce qu'il fait ; et tous les jours, il recommence, avec ses cailloux, à réparer les énergies du monde. A rétablir l'équilibre.   Certaines rencontres créent un espace temps intense et profond qui nous relie à nous même. J'ai senti cette année une flemme incommensurable, et je me rends compte que la plus grande flemme, c'est de ne pas s'accrocher au monde; de se laisser dériver dans l'absurdité et la méchanceté ambiante, et de s'y perdre. Merci aux coordonnées du Destin qui ont permis le ravissement d'un instant, au cœur des choses.

CB 895 FC

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Peyotito, mi amor. Tu as été une bagnole sans précédents. Par monts et par vaux tu as bravé maintes fois les dénivelés alpins malgré ta carence en frein moteur et tes jets d'huiles incandescents. On se souvient de toi à Ville sur Ozon, où après descendre le Ventoux en folie, tu lâchais un beau nuage de fumées bleutées devant le bar des cyclistes hallucinés. Tu as savouré les vents de sables de la Méditerranée et embrassé ses bains de sels. On a fait 184000 kilomètres ensemble . Tu étais parfois un peu dur au fesses et aux reins mais qu'est ce qu'on s'est éclatées sous tes grandes fenêtres. J'aurais aimé savoir que tu finirais tes vieux jours squatté par des poules ensauvagées, et tu méritais bien un baptême aymara devant l 'église bolivienne de Copacabana, ou tes consoeurs se font bénir avant de prendre la route avec leurs nouveaux passagers. Tu as fait le tour de la péninsule Ibérique, biensûr, et arpenté les routes communales de France comme peu d'engins m...

Quarantaine

Les chemins de travers, promesse de lumière. La fuite est encore possible, fine et étroite. Elle a souvent le visage d'un chemin sous la lumière, d'un sourire de voisinage. La police habite le monde, et nous, les voyons atterrés, peureux, béats, ébettés. On n'a rien compris de ce qu'on savais déjà. C'est arrivé. Ce que nous redoutions et espérions est arrivé. Nous sommes cloués sur place, impuissants. Le monde s'est arrêté pour nos sociétés malades. On redoute que tout recommence comme avant et en même temps nous avons besoin de sortir de cette turpitude.

No man's time

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J6. J'ai rêvé cette nuit que je nageais au grand large. Au réveil, j'ai renversé ma tasse de thé froid dans le lit. Amerrissage. Dans la rue de l'église du village, la résistance s'organise. Les petits gestes de rien nous empêchent de devenir fous. Le voisin continuera de sortir son chien et son déambulateur deux fois par jour. Alice arrose ses plantes ensoleillées plus que de coutume, elle amène toujours le café à Monsieur Audiard qui ne marche presque plus. J'irai étendre le linge derrière l'église. Le matin, nous parlons fort. Ca piaille aussi chez les oiseaux. Nous parlons fort et ça nous rassure. En ouvrant la fenêtre, ça sent la cuisine portugaise. Ce matin, j'ai sorti ma chaise de camping au soleil d'en face. J'ai traversé la rue, à l'ombre du laurier magnifique qui a fini d'envoyer ses graines aux quatre vents du printemps. J'entends Denise qui s'affole dans la cuisine. Je regarde notre petite maison ombragée qui...

Ofelia Medina

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Ofelia vista por Paulina Lavista Mes yeux s’écarquillent à la vue de cette photo que j'avais oubliée. ça a été un de mes premiers contact avec le Mexique. Nous avons cohabité deux ans. Elle m'évoquait un drôle de sentiment, elle me dérangeait, sa beauté me mettait mal à l'aise. Laura m'avait dit qu'il s'agissait d'une prostituée mexicaine de 17 ans... "T'as vu Ofelia quand elle était jeune? Ofelia, que je t'ai présentée au Théâtre à México, celle qui a mené l'oeuvre de Frida à la postérité! Le premier film de Frida, c'est elle!" Denise me montre cette photo sur l'écran de son téléphone, toute excitée... Ofelia est une des plus grande actrice mexicaine encore en vie. J'ai été époustouflée de la voir sur scène, elle m'a embrassé en fin de représentation. En fait, c'est elle qui nous a invité voir sa pièce ce soir là. Nous n'avons même pas payé... Elle a combattu auprès des Zapatistes et a lutté toute sa v...

Un an

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--> "Mamie est morte. Denise est partie prendre un avion, puis deux, puis trois. Course folle aux papiers. Moi je roule des centaines de kilomètres. Je dors, je pleure, je l'attends. Demain, j'irai bosser dans un décor de glace subliminale. Comme un corbeau déplumé par un chat de salon. J'ai la tête qui tourne et je ne bois plus. Ça, pour le coup, ça fait flipper. On a brûlé son corps congelé. Son fils a couru derrière son cercueil. Il titubait dans sa terreur. Ses poumons ont débloqué, comme à chaque fois qu'il l'a voyait Sauf que là il l'aimait, comme un fou. Et qu'il ne la reverra pas. Ma femme m'a accompagné toutes ces semaines cauchemardesques. Je suis devenue folle sans m'en rendre compte. Ça m 'a cisaillé le cœur, l'enfance et même l'adolescence l'AVC de mamie. De vieilles blessures se sont rouvertes, d'un coup, le sang a giclé du divorce de mes parents. On m'a recoupé de mon frère, j'ai pleuré...

El golpe de Estado en Bolivia es racista, patriarcal, eclesiástico y empresarial

Adriana Guzmán integra el Feminismo Comunitario Antipatriarcal de Bolivia, y Feministas de Abya Yala. Se reconoció en esa lucha con otras compañeras en la Guerra del Gas en 2003, por eso suele decir que aprendió en la calle de qué se trata el patriarcado y por qué el feminismo es una herramienta fundamental para crear otras formas de vida. Ahora mismo resiste el avance de las milicias que festejaron la quema en la plaza pública de la whipala, la bandera de los pueblos originarios, un gesto de una violencia simbólica tal que es difícil nombrarlo sin que el corazón se parta. En este diálogo caracteriza al golpe de estado, llama a enfrentarlo, y a apoyar las acciones de la Resistencia. -¿Cómo caracterizás al golpe de estado en Bolivia? -Hay un dolor profundo frente al triunfo de este golpe cívico, militar, fundamentalista, empresarial. Estas movilizaciones empezaron después de las elecciones del 20 de octubre, cuando se acusó de fraude al proceso electoral en el que Evo Morales obtuv...