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Ya Rayah

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J'arrive chez moi et y'a cette version d'un vieux son chaâbi qui résonne chez mon voisin. Je me rappelle alors qu'un soir d'ivresse, Jamel et moi avons bien failli foncer à Marseille prendre un billet pour l'Algérie. Je voulais absolument qu'on aille prendre un café sur la baie d'Oran, lui voulait m'emmener dans son désert... On s'est souvenus qu'on n'avait pas de pass sanitaire... et pas de voiture

C'est la fin des haricots!

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 Combien de temps sans t'écrire une lettre d'amour? Combien de temps sans flipper, sans se rouler dans la boue du désir et les peurs enfantines. Y'a un chien qui aboie au dessus de ma tête, avec sa bouteille de whiskey il se balade comme l'épée de Damoclés sur ma nuque ombragée. J'ai rien compris, d'un coup je suis tombée dans le vent, la terre ne soutenait plus mes pieds. Je suis tout le temps ivre. De solitude, de rencontres, de danse et de routes en déroute. Je ne tiens plus debout, je danse. Et ce pantin qui se rit de moi. Gamin ébouriffé aux airs de gamine. Y'a de la peinture partout et il pleut. Je nage dans le reflet des flaques en miroir. Y'a plus rien à manger? T'es complètement déglinguée, surtout le soir, ou au petit matin, quand seule, tu te fais peur. Avec tes jambes arquée dans les escaliers des araignées. Y'a plus rien? Si, y'a son rire de maman sensuelle dans les volutes bleutée de ses fumées grises. Elle rit avec sa copine,

"Retraité dans le besoin"

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 Ca faisait des mois qu'on n'avait pas mis les pieds en ville.  On arrive à Marseille après avoir lâché 25€ à Vinci. Cette fois je boude pas, on est éclatées et il nous faut être efficaces.  Marseille et son chaos. Deux accidents en une demi heure, une meuf en camion recule et arrange le pare choc d'une jeunette outrée. Une dame se gamelle en vélo avec ses sacs de courses. J'ai galéré pour trouver une place gratuite malgré ma connaissance du terrain, un nouveau panneau qui ne m'inspire rien de bon m'a fait changé de lieu. J'ai voulu faire des courses à Monoprix. C'était tellement cher que j'ai du faire le tour du magasin pendant une heure pour trouver de quoi manger. Un homme en guenille faisait la manche devant la barrière du parking. Il essaie tant bien que mal de la soulever devant le camion de livraison de la grande marque. Difficile de lui faire l'aumône puisque le chauffeur bosse là et que le camion rentrera la marchandise coûte que coûte.

L'homme qui dressait des Pierres dans le Vent

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Au milieu de ce monde clafit de crétins et de gens sans cœur, il existe des gens comme Hervé. Il a créé un "musée" à l'air libre sur les bord de la sauvage Durance, aux pieds de Briançon, alignant des pierres en touchant l'harmonie intrinsèque à toute chose. Il se plaint que les gens détruisent tout ce qu'il fait ; et tous les jours, il recommence, avec ses cailloux, à réparer les énergies du monde. A rétablir l'équilibre.   Certaines rencontres créent un espace temps intense et profond qui nous relie à nous même. J'ai senti cette année une flemme incommensurable, et je me rends compte que la plus grande flemme, c'est de ne pas s'accrocher au monde; de se laisser dériver dans l'absurdité et la méchanceté ambiante, et de s'y perdre. Merci aux coordonnées du Destin qui ont permis le ravissement d'un instant, au cœur des choses.

CB 895 FC

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Peyotito, mi amor. Tu as été une bagnole sans précédents. Par monts et par vaux tu as bravé maintes fois les dénivelés alpins malgré ta carence en frein moteur et tes jets d'huiles incandescents. On se souvient de toi à Ville sur Ozon, où après descendre le Ventoux en folie, tu lâchais un beau nuage de fumées bleutées devant le bar des cyclistes hallucinés. Tu as savouré les vents de sables de la Méditerranée et embrassé ses bains de sels. On a fait 184000 kilomètres ensemble . Tu étais parfois un peu dur au fesses et aux reins mais qu'est ce qu'on s'est éclatées sous tes grandes fenêtres. J'aurais aimé savoir que tu finirais tes vieux jours squatté par des poules ensauvagées, et tu méritais bien un baptême aymara devant l 'église bolivienne de Copacabana, ou tes consoeurs se font bénir avant de prendre la route avec leurs nouveaux passagers. Tu as fait le tour de la péninsule Ibérique, biensûr, et arpenté les routes communales de France comme peu d'engins m

Quarantaine

Les chemins de travers, promesse de lumière. La fuite est encore possible, fine et étroite. Elle a souvent le visage d'un chemin sous la lumière, d'un sourire de voisinage. La police habite le monde, et nous, les voyons atterrés, peureux, béats, ébettés. On n'a rien compris de ce qu'on savais déjà. C'est arrivé. Ce que nous redoutions et espérions est arrivé. Nous sommes cloués sur place, impuissants. Le monde s'est arrêté pour nos sociétés malades. On redoute que tout recommence comme avant et en même temps nous avons besoin de sortir de cette turpitude.

No man's time

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J6. J'ai rêvé cette nuit que je nageais au grand large. Au réveil, j'ai renversé ma tasse de thé froid dans le lit. Amerrissage. Dans la rue de l'église du village, la résistance s'organise. Les petits gestes de rien nous empêchent de devenir fous. Le voisin continuera de sortir son chien et son déambulateur deux fois par jour. Alice arrose ses plantes ensoleillées plus que de coutume, elle amène toujours le café à Monsieur Audiard qui ne marche presque plus. J'irai étendre le linge derrière l'église. Le matin, nous parlons fort. Ca piaille aussi chez les oiseaux. Nous parlons fort et ça nous rassure. En ouvrant la fenêtre, ça sent la cuisine portugaise. Ce matin, j'ai sorti ma chaise de camping au soleil d'en face. J'ai traversé la rue, à l'ombre du laurier magnifique qui a fini d'envoyer ses graines aux quatre vents du printemps. J'entends Denise qui s'affole dans la cuisine. Je regarde notre petite maison ombragée qui