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Le restaurant

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Aujourd'hui on ne travaille pas et on a décidé de quitter le centre en sachant que sinon, les petites vont venir nous chercher au gîte. Je finirai par donner un cours de guitare à Zlata et Denise se laissera faire des tresses. On a passé une super journée avec nos amies venues d'Alsace. On voulait aller à la ferme du Gaulois mais c'était fermé. « _Allons chez le Chinois ! » ************** On mange plus que de raison, la baignade nous a creusé. On est mouillées et la température de ces derniers jours est redevenue convenable entre averse et chaleur, le soir il fait frais. Au moment de partir la patronne nous demande : « Vous travailler ici ? _Oui, à la CCAS. _Mais il faut nous le dire quand c'est vous ! On vous sert même quand c'est tard ! _C'est gentil, mais c'est bien aussi de s'autoriser de fermer tôt, de dire aux clients que vous êtes fatigués. Vous avez le droit ! Et puis on prend à emporter c'est pas grave. _Non, non, vous travaillez c'est n

Paulina

« Oï ou louzi tchervona kalyna... » La petite se déhanche sur un remix techno, un soldat chante, l'arme en bandoulière, une église en arrière plan, le drapeau bleu et jaune flotte partout. Le public s'excite. Cette chanson, ils la connaissent tous et la chantent en choeur à chaque fois. Il faut dire qu'elle est entraînante. On a bien compris que ça parle de l'Ukraine et que c'est assez nationaliste. Paulina est terrible. Sa natte se balade, elle n'a pas besoin des paroles, elle la chante les yeux fermés avec une ferveur effrayante. Elle s'assure juste de temps en temps que sa mère la regarde. Elle a six ans. Le mardi soir, ils chantent. Ianna a repris la place qui désormais est la sienne. Veronica est arrivée, triomphante, elle a réussit à endormir sa petite pour venir au karaoké ! Vêtue comme une star, elle a fait une révérence au public en ôtant son chapeau, hyper belle. La soirée a commencé quand Piotr est arrivé. On a tous applaudi sa venue. Veronica aim

Le sanglier

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Hier, les gens n'étaient pas bien. On n'a pas besoin de regarder les infos pour voir quand ça ne va pas. Volodymyr s'est approché du point rencontre. Il faisait une chaleur à mourir. Les petits accouraient « Sirop, sirop Emilie ». « Tu veux de l'eau ? » « No thank you I need to practise ». Il est venu parler. « Il faut que je parle à quelqu'un, je suis resté enfermé toute la journée à cause de la chaleur. » J'interromps ma conversation avec deux bénéficiaires qui ont amené des tuiles aux amandes à partager pour l'apéro des régions. Personne d'autre n'est venu hormis les enfants qui piaillaient comme des oiseaux pour me demander à boire. Cette semaine, on arrive chacun à prononcer petit à petit les prénoms des autres, et ça fait plaisir. Après avoir échangé quelques banalités en anglais. Je lui demande où est sa femme.  « Elle est repartie à Kiev.  _...A Kiev ?  _ Oui, elle avait un rendez vous important de révision chez son chirurgien.  _Mais...elle

Tu sais que tu veux tellement vivre

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  Les enfants changent, ils grandissent vite. On sait maintenant que derrière leurs visages fermés et leurs efforts des premiers jours pour ne pas prendre trop de place et ne déranger personne, un tel a désormais un air espiègle, celle ci est un peu insolente, bref, ce sont des enfants. Ils s'ouvrent, font enfin des bêtises, cherchent notre attention et testent toutes nos limites.  Katrina est dorénavant la star de l'école de Tourves, elle interprète la pop de son village comme personne. J'ai appris ce matin que Zlata n'a que huit ans! Elle me rappelle une gamine de Vaulx en Velin qui me faisait péter les plombs aussi jusqu'à ce que je l'engueule un peu trop fort et qu'elle s'accroche à ma taille comme une naufragée à une bouée. Elle ne me lâchait plus, j'avais compris ce jour là que son père était en train de mourir, elle aussi venait de l'est. Zlata a le même profil, une vraie teigne, un sourire immense, une énergie de folie, elle marche su

Ya Rayah

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J'arrive chez moi et y'a cette version d'un vieux son chaâbi qui résonne chez mon voisin. Je me rappelle alors qu'un soir d'ivresse, Jamel et moi avons bien failli foncer à Marseille prendre un billet pour l'Algérie. Je voulais absolument qu'on aille prendre un café sur la baie d'Oran, lui voulait m'emmener dans son désert... On s'est souvenus qu'on n'avait pas de pass sanitaire... et pas de voiture

C'est la fin des haricots!

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 Combien de temps sans t'écrire une lettre d'amour? Combien de temps sans flipper, sans se rouler dans la boue du désir et les peurs enfantines. Y'a un chien qui aboie au dessus de ma tête, avec sa bouteille de whiskey il se balade comme l'épée de Damoclés sur ma nuque ombragée. J'ai rien compris, d'un coup je suis tombée dans le vent, la terre ne soutenait plus mes pieds. Je suis tout le temps ivre. De solitude, de rencontres, de danse et de routes en déroute. Je ne tiens plus debout, je danse. Et ce pantin qui se rit de moi. Gamin ébouriffé aux airs de gamine. Y'a de la peinture partout et il pleut. Je nage dans le reflet des flaques en miroir. Y'a plus rien à manger? T'es complètement déglinguée, surtout le soir, ou au petit matin, quand seule, tu te fais peur. Avec tes jambes arquée dans les escaliers des araignées. Y'a plus rien? Si, y'a son rire de maman sensuelle dans les volutes bleutée de ses fumées grises. Elle rit avec sa copine,

"Retraité dans le besoin"

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 Ca faisait des mois qu'on n'avait pas mis les pieds en ville.  On arrive à Marseille après avoir lâché 25€ à Vinci. Cette fois je boude pas, on est éclatées et il nous faut être efficaces.  Marseille et son chaos. Deux accidents en une demi heure, une meuf en camion recule et arrange le pare choc d'une jeunette outrée. Une dame se gamelle en vélo avec ses sacs de courses. J'ai galéré pour trouver une place gratuite malgré ma connaissance du terrain, un nouveau panneau qui ne m'inspire rien de bon m'a fait changé de lieu. J'ai voulu faire des courses à Monoprix. C'était tellement cher que j'ai du faire le tour du magasin pendant une heure pour trouver de quoi manger. Un homme en guenille faisait la manche devant la barrière du parking. Il essaie tant bien que mal de la soulever devant le camion de livraison de la grande marque. Difficile de lui faire l'aumône puisque le chauffeur bosse là et que le camion rentrera la marchandise coûte que coûte.